NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
La semaine dernière, on apprenait qu’une nouvelle utilisation de l’intelligence artificielle (IA) disponible sur le réseau social X permet à un utilisateur de formuler des requêtes telles que « mets-la en bikini » ou « enlève-lui ses vêtements » à partir d’une simple photo publiée en ligne. Les internautes obtiennent alors instantanément des images modifiées montrant la personne dans la tenue souhaitée. Et en s’en prenant à Thierry Breton, ancien commissaire européen, impliqué dans le déploiement des mesures pour combattre les discours haineux et la désinformation en ligne, le gouvernement Trump désigne ces lois destinées à protéger contre la fraude et les usages liberticides de l’IA comme de la « censure ».
On sait déjà que les réseaux sociaux et les autres plateformes en ligne contrôlés par des géants du numérique imposent un espace de délibération où, selon les mots de Giuliano da Empoli, « la viralité l’emporte sur la vérité ». Des plateformes en ligne où l’on considère que les faits ne sont que des « opinions » supplantent les médias traditionnels, qui, eux, sont tenus de répondre de leurs manquements.
Devant tant de dérapages tolérés ou encouragés par les géants du Web et leur gouvernement technofasciste, on comprend à quel point nous avons besoin d’États souverains capables d’agir pour protéger la dignité humaine.
Alain Saulnier constate dans son livre Tenir tête aux géants du Web que les multinationales « sans foi ni loi […] se soucient peu des impacts sociaux de leurs inventions ». Dans son livre intitulé Une possible histoire de la norme, le professeur Karim Benyekhlef de l’Université de Montréal explique que les États fonctionnant eux-mêmes en réseaux sont en concurrence avec d’autres réseaux, ceux d’entreprises technologiques capables d’agir sur une base planétaire. Les opérateurs économiques, agissant localement ou dans des réseaux transnationaux suivant des logiques qui semblent de moins en moins compatibles avec le dogme de l’État territorial, exercent les attributs de la souveraineté au point de parfois supplanter les États.
La professeure Pauline Türk de l’Université de Nice-Côte d’Azur écrit que « depuis les années 2000, le pouvoir des GAFAM concurrence celui des États et affecte la liberté d’autodétermination des individus, faisant émerger la notion de souveraineté numérique ». En 2019, le rapport de la Commission d’enquête du Sénat français sur la souveraineté numérique la définit comme « la capacité de l’État à agir dans le cyberespace ». C’est une condition nécessaire à la préservation des valeurs qui prévalent dans une société démocratique. La souveraineté implique une capacité autonome d’appréciation, de décision et d’action dans le cyberespace et, d’autre part, la maîtrise des réseaux, de nos communications électroniques et de nos données. En somme, la souveraineté numérique concerne la capacité des États à imposer leurs lois, y compris dans des espaces qui ignorent les limites territoriales.
Le 1er janvier, des porte-parole du Comité directeur de Canadiens pour la souveraineté numérique expliquaient dans Le Devoir que « la souveraineté numérique signifie un contrôle démocratique de nos écosystèmes numériques, à l’abri des ingérences étrangères et en cohérence avec les valeurs canadiennes ». Ces auteurs expliquaient que la souveraineté numérique suppose la capacité d’utiliser des leviers techniques et juridiques pour protéger les infrastructures critiques, les données sensibles et les services essentiels.
Pour protéger les populations contre des acteurs hostiles, et contenir la concentration des pouvoirs aux mains des géants numériques, il faut des investissements nationaux dans nos environnements technologiques. Il faut renforcer les alliances afin de bâtir un rapport de force collectif « avec des alliés engagés envers les droits de la personne, la reddition de comptes et l’intérêt public ».
Les moyens d’agir
Dans le monde hyperconnecté, la souveraineté n’est plus l’apanage des États. Des entreprises commerciales disposent souvent de facultés supérieures à celles de certains États. Cela invite à un examen des façons d’envisager les conditions d’exercice de la souveraineté de nos États. Il faut revoir les moyens par lesquels s’appliquent les lois, car les enjeux de souveraineté ne sont pas uniquement territoriaux.
La souveraineté d’un État doit s’exercer en concertation avec les autres États partageant des valeurs similaires. Il est rassurant que, lors de la première réunion du Conseil du Partenariat numérique Canada-Union européenne (UE), tenue à Montréal le 8 décembre 2025, les participants aient affirmé leur intérêt commun à faire progresser la souveraineté numérique sur la technologie, les données et l’infrastructure numérique, conformément au droit international, et souligné l’importance vitale de la coopération dans des domaines d’intérêt mutuel entre alliés de confiance. Il faut que les États se donnent les moyens d’agir en réseau et se concertent pour résister à des actions liberticides.
La concertation des États est surtout essentielle face aux entreprises qui imposent leurs lois afin de maximiser la valeur pour leurs actionnaires. Au risque de se voir supplantés, nos États doivent prendre acte que les normes se pensent, se discutent et s’appliquent dans les espaces des réseaux. Pour agir efficacement, les États doivent se donner les moyens de déployer des dispositifs de coopération afin de garantir l’effectivité des lois destinées notamment à protéger la dignité humaine et la diversité des cultures dans les espaces en ligne.
En 2026, il est insuffisant de parler de souveraineté sans égard aux défis posés par l’espace en réseaux. Les mouvements politiques attachés à la protection de la souveraineté (canadienne ou québécoise) doivent proposer des stratégies cohérentes afin de faire face aux défis d’un monde où la souveraineté s’exerce en réseaux planétaires.


5 month_ago
18


























.jpg)






French (CA)