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Près de 200 finissants en médecine de l'Université de Sherbrooke entameront leur résidence le 1er juillet. Ils ont commencé leur année universitaire dans la tourmente dans la foulée de l'adoption de la Loi 2. À quelques semaines de leur diplomation, leur avenir a été influencé par cette année « exceptionnelle ».
Pour mes collègues qui s'en vont en médecine de famille, il y a beaucoup d'inquiétudes, admet le président de l'Association générale étudiante en médecine de l'UdeS, Jean-Simon Desrochers.
Cette inquiétude semble se refléter dans les postes de résidence en médecine de famille qui demeureront vacants à compter du 1er juillet.
106 postes vacants au Québec
À l'échelle du Québec, ce sont 106 postes de résidence en médecine de famille qui n'ont pas été comblés. L'an dernier, seulement 63 postes en médecine de famille n'avaient pas été pourvus.
Sur les campus de l'Université de Sherbrooke situés en Estrie, en Montérégie et en dans le Centre-du-Québec, on compte sept postes vacants de plus que l'an dernier.
Le président de l'Association Générale Étudiante de Médecine de l'Université de Sherbrooke (AGEMUS), Jean-Simon Desrochers croit que le contexte de tension qui a entouré l'adoption de la Loi 2 à l'automne a eu une grande influence dans le choix de ses collègues.
On reste avec un certain goût amer.
On se demande à quoi va ressembler la pratique, parce que les médecins partent à la retraite, plusieurs personnes sont parties du Québec pour faire de la médecine de famille dans d'autres provinces puis s'il n'y a pas de médecins qui sont formés de plus, bien la charge de travail va être redistribuée sur ceux qui rentrent dans le système, souligne-t-il.
L'Université de Sherbrooke moins touchée
Sur les quatre sites de l'Université de Sherbrooke, 93 finissants ont opté pour la médecine de famille pour leur résidence, contre 103 pour une spécialité, il s'agit de la même proportion qu'en 2025.
Si les campus de l'UdeS semblent moins durement touchés que d'autres au Québec, le vice-doyen aux études prédoctorales à la Faculté de médecine, Éric Lavoie, estime que du travail reste à faire pour revaloriser la profession à l'échelle du Québec.
On comprend que c'est une situation qui est inhabituelle, exceptionnelle, dont on a écho, qui est étroitement lié avec les moyens de pression, les messages qui ont été véhiculés au courant de l'automne au sujet de l'impopularité de la médecine de famille.
Est-ce que ce chiffre-là sera reconduit l'an prochain? On pense que non.
Éric Lavoie estime qu'il est réaliste de penser que la vapeur sera renversée dès l'an prochain. Jusqu'à tout récemment, on arrivait à avoir quand même de forts pourcentages de personnes étudiantes qui voulaient se diriger vers la médecine de famille. L'an prochain, on pense que la tendance va probablement revenir aux années précédentes où on aura, à l'échelle du Québec, un pourcentage un peu plus élevé d'étudiants se dirigeant vers la médecine de famille plutôt que vers des spécialités, souligne-t-il.
Vers la résidence le 1er juillet
Pendant que les médecins spécialistes et les omnipraticiens avaient cessé d’enseigner en guise de protestation, les étudiants en quatrième année de médecine se sont retrouvés privés de leur stage, ce qui mettait en péril leur entrée à la résidence le 1er juillet.
Les choses sont quand même bien tombé puisque une partie des semaines manquées dues aux moyens de pression étaient des semaines d'évaluation, ils n'étaient pas prévus qu'ils soient en stage à ce moment-là, souligne Éric Lavoie.
Puisqu'ils avaient réussi à compléter au moins 75 % de leur stage, les étudiants ont réussi à remplir les critères requis pour atteindre la diplomation.
On s'est assuré que la compétence avait été atteinte et étant donné qu'il y a pas eu d'autres bris de fonctionnement, nos externes vont compléter au cours des prochaines semaines l'ensemble de leur stage d'externat , précise Éric Lavoie.
Un mouvement d'entraide souligné
Dès les premières journées de grève de l'enseignement menées par les médecins, les étudiants de quatrième année en médecine de l'UdeS sont entrés en scène. Ils ont rapidement commencé à transmettre leurs connaissances aux étudiants de la 1ère à la 3e année.
On a assisté à un mouvement d'entraide comme on n'en a jamais vu.
Dans ce qui a fait qu'on a réussi à passer à travers cette crise-là, c'est de compter sur la solidarité, puis l'entraide. Il y a beaucoup de 4e année qui n'étaient pas en stage, qui ont aussi sont venus enseigner. Ça ne remplace pas des médecins spécialistes, mais on a quand même un bagage supplémentaire, précise Jean-Simon Desrochers.
Avec le recul, il estime que ce travail d'enseignement a été profitable pour les étudiants. Mine de rien, ça nous a aussi permis de garder nos connaissances, puis de continuer à apprendre. Quand on enseigne, on développe aussi nos compétences, souligne-t-il.
Le campus du Nouveau-Brunswick de l'UdeS a aussi été appelé en renfort. Des professeurs de Moncton ont appuyé les étudiants québécois à distance pour leur permettre de ne pas accumuler trop de retard.
Les résultats qu'ils ont obtenus aux examens sont comparables aux années antérieures, ce qui nous indique que le niveau de compétence acquis, les connaissances qui auraient dû être acquises durant cette période là l'ont bien été, conclut Éric Lavoie.


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