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La Forest City Gallery, le seul centre d’artistes autogéré de London et l’un des plus anciens au Canada, risque de fermer définitivement ses portes d’ici la fin de 2027. Confronté à la stagnation du financement des arts et à la hausse des coûts de fonctionnement, l’organisme à but non lucratif lance un appel à la générosité de la communauté pour assurer sa survie, après 53 ans d’existence.
Située dans le quartier Old East Village, la galerie pourrait être contrainte de cesser ses activités si elle ne parvient pas à obtenir un soutien financier supplémentaire, selon son directeur général par intérim, Maxwell Hyett.
L’objectif est d’assurer notre pérennité et notre survie. La question est de savoir comment y parvenir.
Un avenir financier incertain
La galerie doit notamment amasser au moins 16 000 $ pour combler un déficit prévu en avril 2027, explique la présidente de son conseil d’administration, Amy Keating.
Sans cette somme, les membres du conseil devront déterminer si l’organisme dispose des ressources nécessaires pour poursuivre ses activités.
Nous devrons prendre du recul et évaluer s’il est viable de continuer, explique Mme Keating.
Selon elle, la stagnation du financement des arts, combinée à la hausse du coût de la vie, exerce une pression financière considérable sur l’organisme.
En Ontario, les revenus du Conseil des arts de l’Ontario sont demeurés relativement stables, passant de 63,6 millions de dollars en 2023-2024 à 63,8 millions en 2024-2025. Cette légère augmentation survient dans un contexte de hausse des prix, ce qui peut réduire le pouvoir d’achat des organismes dont le financement n’évolue pas au même rythme que leurs dépenses.
À l’échelle nationale, les données du Conseil des arts du Canada montrent que les subventions et les prix accordés aux artistes et aux organismes artistiques sont passés de 307,4 millions de dollars en 2023-2024 à 284,2 millions en 2024-2025, soit une diminution d’environ 7,5 %.

Maxwell Hyett, directeur général par intérim de la Forest City Gallery, souligne que l’organisme ne demande aucuns frais aux artistes pour exposer leurs œuvres et ne prélève aucune commission sur leurs ventes.
Photo : Radio-Canada / Jessica Singer
La Forest City Gallery reçoit environ 99 000 $ par année des trois ordres de gouvernement, auxquels s’ajoutent les cotisations de ses membres, les dons et les revenus de ses activités de financement.
Au cours des trois dernières années, l’organisme a également bénéficié d’une subvention d’environ 120 000 $ de la London Community Foundation. Ce financement prendra toutefois fin en octobre 2027.
Avec la fin prochaine de cette subvention, M. Hyett estime que la galerie pourrait faire face à un manque à gagner de 50 000 $ à 60 000 $ en 2028, à moins d’apporter des changements importants à son fonctionnement.
Les dépenses de fonctionnement de la galerie dépassent quant à elles 10 000 $ par mois, notamment pour payer le loyer et les salaires de ses deux employés.
L’inflation fait également grimper le loyer et les cachets versés aux artistes, qui sont établis selon des barèmes nationaux.
Chaque année, ces coûts augmentent [...] et il devient plus coûteux de simplement continuer à faire ce que nous faisions auparavant.
Malgré ces difficultés, M. Hyett espère que le soutien de la communauté permettra à la galerie de poursuivre ses activités au-delà d’avril 2027, même si une fermeture demeure possible d’ici la fin de l’année.
Un espace essentiel pour la relève artistique
La fermeture éventuelle de la Forest City Gallery pourrait laisser un vide important dans le milieu artistique de London, particulièrement pour les artistes émergents.
La Forest City Gallery ne demande pas aux artistes de payer pour exposer leurs œuvres et ne prélève aucune commission sur leurs ventes. Pour les artistes en début de carrière, qui ont souvent peu d’occasions de présenter leur travail dans les musées, cet espace représente une importante vitrine.

Grâce à une subvention de la London Community Foundation, la galerie a développé le Collaboratory, un espace qui met à la disposition des artistes des outils numériques, de l'équipement audio et des activités de mentorat.
Photo : Radio-Canada / Jessica Singer
Ruth Skinner, conservatrice à la galerie McIntosh de l’Université Western et ancienne directrice de la Forest City Gallery, considère l’établissement comme un lieu important pour le développement de la relève artistique.
La galerie accorde une grande importance aux événements communautaires, aux expositions, aux activités éphémères et aux foires de zines, qui permettent aux artistes émergents de comprendre qu’ils peuvent réellement envisager une carrière dans les arts, explique-t-elle.
Elle souligne également que son passage à la Forest City Gallery lui a permis de mieux découvrir l’histoire artistique de London et la richesse de sa scène culturelle.
Pour assurer sa survie, la galerie mise désormais sur la mobilisation de la communauté. L’organisme invite notamment les personnes souhaitant le soutenir à faire un don ou à participer à sa campagne annuelle de financement, prévue de la fin novembre à la mi-décembre.
La meilleure façon de nous aider, c’est de faire un don et de nous encourager, conclut M. Hyett.
Avec les informations de Jessica Singer, de CBC


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