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La Commission des libérations conditionnelles du Canada a accordé une libération conditionnelle totale à l'un des cerveaux du complot terroriste déjoué en 2006, l'affaire dite des Toronto 18. Les autorités ont estimé qu'il ne présentait désormais « aucun signe d'adhésion à des croyances extrémistes ou à des idéologies radicales ».
En semi-liberté sous strictes conditions depuis quatre ans, Zakaria Amara – qui avait aidé à recruter des membres pour planifier l'assaut du Parlement et des attentats à la bombe à Toronto – a vu son statut assoupli la semaine dernière par la Commission.
Dans une décision écrite rendue publique vendredi, un comité de deux membres indique que M. Amara, âgé de 41 ans, a entrepris une démarche de déradicalisation durant son incarcération, soulignant aussi qu'il a tiré profit de sa semi-liberté aux fins de réadaptation prévues, témoignant d'un changement positif, tant dans son attitude que dans son comportement.
Au cours de cette période, M. Amara a fait l'objet d'une surveillance étroite : ses fréquentations, ses relations personnelles et ses activités sur Internet ont été rigoureusement contrôlées, sans qu'aucun écart ni aucune menace pour la sécurité n'aient été signalés.

Soumis à un contrôle rigoureux durant sa semi-liberté, Zakaria Amara a vu ses fréquentations, ses relations et ses activités en ligne étroitement surveillées, sans qu'aucun écart ni risque sécuritaire ne soit constaté. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alex Tavshunsky
La décision, qui comporte plusieurs passages caviardés, précise que l'homme prévoit désormais s'installer dans son propre logement et articuler son quotidien autour de son travail à temps plein, de ses visites familiales, de la fréquentation de la mosquée et d'activités de loisirs appropriées.
Il lui est interdit de communiquer avec toute personne impliquée dans des activités criminelles, y compris les autres personnes arrêtées lors des opérations antiterroristes de juin 2006, ou d'entrer en contact avec toute personne ayant des idéologies extrémistes, sauf dans le cadre de son travail de consultant auprès d'un programme spécialisé.
Il doit également continuer à suivre une thérapie et se soumettre à un suivi financier ainsi qu'à des restrictions concernant son téléphone et son utilisation d'Internet.
20 ans après le complot déjoué
La décision de la Commission intervient 20 ans après le démantèlement du complot d'origine locale qui a choqué le pays et modifié le discours public sur le terrorisme.
M. Amara et un complice recrutaient des personnes pour un groupe d'inspiration djihadiste, projetant de commettre des attentats terroristes pour exiger le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan.

Les cibles des Toronto 18 incluaient la Bourse de Toronto, une base militaire ainsi que le siège du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Aaron Vincent Elkaim
Après la scission de l'organisation, M. Amara avait pris la direction d'une cellule planifiant la fabrication de camions piégés. Leurs cibles incluaient la Bourse de Toronto, une base militaire ainsi que le siège du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).
Son arrestation est intervenue le jour même de la livraison de composants d'explosifs dans un entrepôt.
M. Amara a plaidé coupable de participation à un groupe terroriste avec l'intention de provoquer une ou plusieurs explosions susceptibles de causer des blessures graves ou la mort, et a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans, une sentence confirmée en appel.
Un virage idéologique entamé dès 2014
D'après le document de la Commission des libérations conditionnelles, ses idéologies et attitudes problématiques et extrémistes sont restées présentes au début de son incarcération, une période durant laquelle il a aussi fait l'objet de diverses sanctions disciplinaires.
C'est en 2014 que sa pensée a amorcé un tournant, menant à son transfert vers un pénitencier à sécurité moyenne en 2019. Sur place, le personnel correctionnel l'a décrit comme un détenu calme, poli et respectueux, souligne la décision.
Après s'être vu accorder une semi-liberté de trois mois en 2022, M. Amara a obtenu plusieurs renouvellements de cette mesure.
Les commissaires ont résumé son parcours en ces termes : Durant la dernière partie de votre détention fédérale et au cours des quatre dernières années passées dans la collectivité, vous avez entrepris une démarche visant à vous éloigner des idéologies extrémistes et de ceux qui partagent les mêmes opinions.
Avec les informations de La Presse canadienne


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