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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé de son côté que l’Ukraine aurait besoin de 70 milliards d’euros supplémentaires en 2027 – un déficit qui « devra être comblé ».
Emmanuel Macron s’entretient avec le président du Conseil européen, Antonio Costa, au siège de l’UE, à Bruxelles, le 15 octobre 2026. Emmanuel Macron a martelé, vendredi 16 octobre, que les Européens « ne lâcheront pas l’Ukraine » et « travaillent » pour l’aider sur « les alertes avancées » de tirs de missiles russes face aux incertitudes sur la contribution des Etats-Unis. « Nous ne lâcherons pas l’Ukraine et les Ukrainiens parce que c’est une guerre de résistance face à la guerre d’agression russe », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles.
Face aux « ambiguïtés » de certains – une allusion apparente au président américain, Donald Trump – « le rôle des Européens, c’est de tenir leur ligne », a ajouté le chef de l’Etat. « Nous sommes en train de travailler aussi ardemment pour aider l’Ukraine à renforcer sa capacité à résister sur les images satellitaires, les dispositifs d’alerte avancée. »
Le président français a également critiqué l’accord conclu entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, consistant à lever des sanctions contre Moscou, pour permettre aux Etats-Unis d’importer de grandes quantités de diesel russe. « La décision qui a été prise n’est bonne pour personne », a-t-il estimé, soulignant qu’elle n’augmenterait pas l’offre mondiale de diesel, et ne réglait donc pas les problèmes d’approvisionnement.
« Ça n’aura pas d’impact pour le président Trump, ça envoie un message négatif, et c’est un élément de division », a-t-il martelé. Face à cette mesure « inappropriée, inefficace », il a assuré qu’il continuerait d’essayer de convaincre les Etats-Unis d’y renoncer.
« L’Ukraine a fait sa demande, c’est trop tôt pour articuler un chiffre », a aussi temporisé le président de la République , alors que Kiev a réclamé vendredi une rallonge de 70 milliards d’euros pour financer la guerre contre la Russie. « On reste pour le moment dans l’enveloppe des 90 milliards [du prêt de l’UE à l’Ukraine] qui sont à débourser », a-t-il ajouté.
Face à Moscou, l’UE « continuera à jouer un rôle de premier plan »
Couper le soutien financier à l’Ukraine, comme le propose Marine Le Pen, reviendrait à « passe[r] par-dessus bord la sécurité » de l’Europe et des Français, a-t-il également affirmé. « Ce n’est pas notre bon vouloir d’aider l’Ukraine. C’est notre intérêt et c’est l’unanimité des Européens, et c’est notre sécurité. (…) La capitulation, c’est la faiblesse ; la faiblesse, c’est le danger », a poursuivi le chef de l’Etat, s’étonnant « du manque d’humilité parfois qu’ont certaines ou certains à s’exprimer comme s’ils étaient déjà en poste. »
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confirmé de son côté que l’Ukraine aurait besoin de 70 milliards d’euros supplémentaires en 2027 − un déficit qui « devra être comblé ». Pour soutenir financièrement Kiev face à Moscou, l’UE « continuera à jouer un rôle de premier plan. Mais nous avons également besoin de toute urgence que d’autres partenaires prennent le relais », a-t-elle souligné.
L’UE prépare un nouvel outil qui lui permettra de fermer « rapidement et efficacement » l’accès à son marché intérieur, en cas de conflit commercial avec un pays tiers, a-t-elle poursuivi. Bruxelles s’inspire ainsi d’une proposition conjointe de la France et de l’Allemagne, qui vise à renforcer l’arsenal de défense de l’UE, en cas de conflit commercial avec la Chine.
A propos du budget européen, Emmanuel Macron a appelé à trouver un accord d’ici la fin de l’année. Un accord est « possible pour la fin d’année ». « S’il n’y a pas de décision en décembre », alors ce ne sera « pas une bonne méthode » de repousser le problème au conseil européen prévu en mars 2027, « parce qu’on sera à quelques semaines des élections en France ».
Par ailleurs, le chef de l’Etat a regretté un « mauvais débat », « très politisé » entre Européens sur l’immigration, déplorant que cette conversation, qui a notamment opposé l’Espagne à l’Italie et le Danemark, ait été une « source de divisions ».
Le Monde avec AFP


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