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Les services policiers de plusieurs communautés frontalières de l’Ontario pourront obtenir du financement provincial pour acquérir des drones, des embarcations et des systèmes de surveillance afin de lutter contre le trafic d’armes et de drogues. Queen’s Park débloque 32,5 millions de dollars pour renforcer la sécurité le long de la frontière canado-américaine.
Le solliciteur général de l’Ontario, Michael Kerzner, était en visite jeudi à Windsor pour annoncer le lancement de l’opération Dissuasion 2.0, qui doit prolonger et élargir la stratégie de sécurité frontalière mise en place par la province l’an dernier.
Sur les 32,5 millions de dollars annoncés, 30 millions seront consacrés à un nouveau programme de subventions permettant aux services de police municipaux et des Premières Nations admissibles d’acheter de l’équipement spécialisé. Drones, embarcations, systèmes de surveillance avancés et technologies sécurisées de renseignement figurent notamment parmi les équipements qui pourront être financés.
Les 2,5 millions de dollars restants seront consacrés à un fonds destiné à soutenir les enquêtes sur des menaces liées à la frontière, comme le trafic d’armes, la contrebande de drogues et la traite de personnes.
Nous donnons à la police les outils dont elle a besoin pour arrêter les armes illégales, les drogues et le crime organisé avant qu’ils n’atteignent nos communautés.

Michael Kerzner, solliciteur général de l’Ontario, a invité les services policiers admissibles de l’ensemble de la province à présenter des projets, évoquant des besoins allant de Windsor jusqu’à Thunder Bay.
Photo : Radio-Canada / Ken Amlin
Une deuxième phase pour l’opération Dissuasion
L’Ontario avait lancé la première phase de l’opération Dissuasion l’an dernier, dans un contexte de pressions américaines concernant la sécurité de la frontière canado-américaine.
La province avait notamment mobilisé l’équipe d’intervention d’urgence de 200 membres de la Police provinciale de l’Ontario (OPP) et augmenté ses patrouilles aériennes, terrestres et maritimes.
Selon le gouvernement provincial, les opérations auxquelles ces équipes ont participé ont notamment permis d’intercepter plus de quatre tonnes de cocaïne et 192 kilogrammes de fentanyl, ainsi que des armes et des millions de dollars en argent et en biens liés à des activités criminelles.
Michael Kerzner estime que la province doit continuer à investir, même si la sécurité des frontières internationales relève d’abord du gouvernement fédéral. Ce n’est pas suffisant pour nous, a-t-il déclaré. Notre gouvernement, en matière de sécurité publique, est toujours allé au-delà.
Windsor veut davantage de moyens sur l’eau et dans les airs
À Windsor, l’une des principales villes frontalières de la province, le chef de police Jason Crowley sait déjà quels types d’équipements pourraient être utiles à son service.
Étant donné l’étendue de la voie navigable que nous patrouillons, nous envisageons des embarcations, ainsi que des drones comme premiers répondants, a-t-il expliqué.
Le Service de police de Windsor possède actuellement deux embarcations. L’une est davantage adaptée aux conditions hivernales et l’autre à la saison estivale. Elles conviennent aux interventions sur la rivière Détroit, selon M. Crowley, mais les besoins peuvent être différents ailleurs dans la région. Il souligne notamment que, dans le secteur d’Amherstburg, la seule embarcation policière actuellement adaptée à des eaux comme celles du lac Érié appartient à l’OPP.
Les deux bateaux de la police de Windsor ont par ailleurs plus de 12 ans.

La question de la sécurité frontalière est particulièrement importante à Windsor, qui compte désormais trois passages internationaux avec l’ouverture récente du pont Gordie-Howe.
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Le mois dernier, le Service de police de Windsor a également annoncé les résultats du projet Bay, une importante enquête sur un réseau de trafic transfrontalier qui a mené à la saisie de 17 armes à feu et de près de 1,7 tonne de drogues illégales.
Des drones comme premiers répondants
Les drones représentent l’autre piste envisagée à Windsor. Le service de police en possède déjà et les utilise notamment dans certaines enquêtes et opérations tactiques. Leur utilisation était toutefois jusqu’à récemment limitée par l’obligation pour le pilote de garder l’appareil dans son champ de vision.
Des changements réglementaires permettent maintenant aux corps policiers d’envisager leur utilisation comme premiers répondants. Concrètement, cela signifie qu’un appareil pourrait être envoyé sur les lieux d’un appel avant le déploiement d’agents afin de transmettre des images au centre des opérations, explique le chef de la police de Windsor.
Jason Crowley donne l’exemple d’un accident ou encore d’une activité suspecte près de la frontière. Un drone pourrait d’abord survoler les lieux pour permettre aux policiers de déterminer si des agents doivent être envoyés et quelles ressources sont nécessaires.
Le chef décrit cette technologie comme un multiplicateur de force qui pourrait permettre aux services policiers de couvrir de plus grandes distances sans mobiliser immédiatement des agents pour chaque appel.
Qu’en est-il de la vie privée?
L’utilisation accrue de drones policiers soulève toutefois des questions en matière de protection de la vie privée.
M. Crowley affirme que ces préoccupations font partie du développement du programme et que son service a tenu des consultations communautaires à ce sujet. Nous n’allons pas espionner par les fenêtres ou dans les cours arrière des gens, rassure-t-il.

Comme pour d’autres techniques d’enquête, certaines utilisations des drones nécessiteraient une autorisation judiciaire, précise le chef de la police de Windsor, Jason Crowley. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
Le nouveau programme de 32,5 millions de dollars s’ajoute à un investissement provincial distinct de 57 millions annoncé pour l’acquisition de deux hélicoptères H135 destinés aux opérations policières dans les régions de Windsor et de Niagara.
Dans le Sud-Ouest de l’Ontario, l’appareil sera exploité dans le cadre d’une opération coordonnée par l’OPP et pourra notamment soutenir les services de police de Windsor et de LaSalle.
Aucune date précise n’a encore été donnée pour son arrivée. Le gouvernement provincial affirme vouloir le déployer dès que sa fabrication sera terminée.


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