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L’Ontario permettra aux gens d’apporter leur alcool dans les festivals de rue

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L’Ontario permettra à la population d’apporter des boissons alcoolisées dans les événements communautaires et culturels extérieurs, comme des marchés fermiers ou des festivals de rue, a annoncé le gouvernement Ford mardi.

Si vous voulez aller dans un parc ou un événement culturel, vous pouvez boire un verre de vin et de la bière. Si vous souhaitez apporter votre propre vin, c’est correct, a dit le premier ministre, Doug Ford, lors d’un point de presse dans les couloirs de l’Assemblée législative.

Les municipalités ontariennes devront adopter un règlement permettant la consommation d’alcool en public, s’ils n’en ont pas déjà un, en plus d’établir un processus par lequel un événement pourra être qualifié de culturel ou communautaire.

Le premier ministre Doug Ford lors d'une conférence de presse annonçant le projet du gouvernement provincial d'autoriser la vente d'alcool dans les dépanneurs.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a présenté plusieurs mesures concernant le marché de l'alcool ces dernières années. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alex Lupul

À compter du 30 avril, les organisateurs de ce type d’événement pourront ensuite demander un permis de circonstance auprès de la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario.

Un règlement de la Loi sur les permis d'alcool et la réglementation des alcools sera modifié afin de permettre l'obtention de ce type de permis par un plus grand nombre d'organisateurs, dit la province.

La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a dit qu’il est toujours bien de donner aux gens plus de façons de profiter de la ville, mais qu’il demeure aussi important d’appuyer les entrepreneurs locaux pendant des festivals comme Taste of the Danforth.

Beaucoup de festivals de rue sont organisés par les zones d’amélioration commerciale, et nous voulons nous assurer qu’elles ne seront pas perdantes. Je pense que les choses peuvent coexister. Attendons de voir les détails.

Elle a par ailleurs rappelé que la Municipalité autorise déjà la consommation d’alcool dans 55 parcs depuis 2024. Si l’événement est dans un parc, nous permettons déjà la consommation d’alcool, donc apportez-le, c’est correct, dit-elle.

Le premier ministre Doug Ford, qui a libéralisé le marché de l’alcool afin de permettre sa vente dans les dépanneurs, présente ainsi une nouvelle mesure qui touchera les producteurs de boissons alcoolisées.

Les organisateurs surpris

La nouvelle semble avoir pris le milieu des festivals par surprise, comme le confirme Kristyn Gelfand, directrice générale d’Uma Nota Culture, qui produit entre autres le Do West Fest dans le quartier portugais de Toronto.

 C’était totalement inattendu. Il me semble que personne dans le secteur ne l’a demandé, avoue-t-elle en ajoutant craindre  que cela ne crée davantage de problèmes et n’en résolve aucun.

Pour elle, la modification de la Loi sur les permis d’alcool et la réglementation des alcools proposée par le gouvernement Ford ne présente  aucun avantage pour les organisateurs d’événement comme la sienne.

D’entrée de jeu, Mme Gelfand voit négativement l’impact de ce changement sur les commerces profitant des festivités.

Kristyn Gelfand.

Kristyn Gelfand est la directrice générale d’Uma Nota Culture, qui produit entre autres le Do West Fest dans le quartier portugais de Toronto.

Photo : Radio-Canada

 Je le sais par expérience [et] grâce à mes conversations avec des propriétaires de petits commerces […] qu’ils attendent avec impatience leurs festivals de rue, car cela représente l’un de leurs week-ends les plus lucratifs de l’année, voire le plus lucratif, insiste-t-elle.

 Dans de nombreux cas, leurs revenus proviennent de la vente de boissons, et je pense que cela aura certainement un impact négatif si les gens peuvent se promener librement avec de l’alcool apporté de chez eux ou acheté à la LCBO, explique-t-elle.

L’organisatrice de festivals y voit aussi un enjeu de sécurité rappelant que, même lorsqu’un commerce demande l’agrandissement de sa terrasse dans le cadre de festivités, un renforcement de la sécurité est recommandé.

Meg Marshall est directrice de la zone d’amélioration commerciale de l’avenue Ossington à Toronto. Elle voit aussi en la sécurité un enjeu majeur.

 En tant qu’organisateurs de festival, nous avons déjà des ressources financières très limitées. Je viens de payer 14 000 $ au service de police de Toronto pour une seule journée de sécurité à l’occasion de l’Ozzfest 2026 , souligne-t-elle.

 Nous voulons toujours être reconnus pour l’organisation d’événements sécuritaires. Mais à un certain point, cela devient financièrement difficile et il faut se demander d’où viendront les fonds supplémentaires.

Mmes Gelfand et Marshall rappellent aussi le rôle joué par le personnel des restaurants et des bars dans la modération de la consommation de l’alcool.

 Les établissements titulaires d’une licence doivent respecter des règles et des réglementations. Par exemple, il est interdit de servir de l’alcool à outrance à quelqu’un. Un établissement est responsable si un incident grave survient à une personne et que l’on peut remonter jusqu’à lui, ce qui peut entraîner des poursuites criminelles, explique Mme Marshall.

 Dans un restaurant ou un bar, le personnel est compétent et peut limiter la consommation d’alcool. Mais si vous buvez dans une glacière, vous la transportez dans la rue, surtout par forte chaleur, comme c’est souvent le cas début juin, avec des températures dépassant souvent les 30 °C, des problèmes peuvent survenir, observe Mme Gelfand en se questionnant sur la responsabilité qu’auront les organisateurs de l’événement face à ce nouvel enjeu.

Mme Gelfand rappelle aussi que plusieurs festivals génèrent des revenus grâce à la gestion de leur propre bar.

 Nous n’y avons aucun avantage. En fait, en faire la demande serait même un désavantage. […] J’en ai parlé à mes collègues du secteur de l’événementiel. Beaucoup d’entre nous se demandent qui peut bien demander ce genre d’autorisation. Cela nous paraît tout simplement irréaliste, conclut-elle.

 Il y a des questions de responsabilité et de risques que nous souhaitons aborder et dont nous voulons comprendre l’impact sur les organisateurs de festivals. Une fois les détails éclaircis, je pense que nous serons tous plus enthousiastes, insiste pour sa part Mme Marshall, soulignant toute de même ne pas être  contre d’emblée.

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