Trois ans après Oppenheimer, longue odyssée sur les traces de celui qu’on a baptisé le «père de la bombe atomique», Christopher Nolan n’adapte rien de moins, pour son 13e long métrage, qu’un des textes fondateurs de la littérature occidentale, écrit par le poète grec Homère à la fin du VIIIe siècle avant J.-C. Composé à la suite de L’Iliade, L’Odyssée raconte en 24 chants et 12 109 vers le long voyage d’Ulysse, héros de la guerre de Troie, roi d’Ithaque, pour retrouver l’île où l’attend Pénélope, qui avec leur fils Télémaque a de plus en plus de mal à repousser ses prétendants. Avides de pouvoir, ceux-ci veulent tous être roi à la place du roi, car pour eux, Ulysse est mort et ne reviendra pas.
A l’instar de Robert Oppenheimer, mais aussi de Bruce Wayne/Batman, auquel Nolan a consacré une sombre trilogie entre 2005 et 2012, Ulysse est un personnage ambigu, qui a sa part d’ombre et des démons – et aussi une certaine arrogance – à combattre. Ce n’est dès lors guère étonnant de voir le cinéaste anglo-américain, né à Londres il y a 56 ans, s’en emparer. Tout comme le pionnier des effets spéciaux Georges Méliès en 1905 dans L’Ile de Calypso ou Ulysse et le géant Polyphème, combinant en quatre minutes deux épisodes de L’Odyssée pour la première occurrence cinématographique du fils de Laërte et Anticlée.


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