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La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, s’est dite d’accord avec le premier ministre Mark Carney pour affirmer que l’attaque américaine contre l’Iran viole le droit international — tout comme le blocus imposé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale.
« L’objectif est désormais de veiller à ce que le Canada défende sans relâche les principes du droit international et respecte le droit international », a-t-elle indiqué aux journalistes lors d’une conférence téléphonique depuis Ankara, la capitale turque. Mme Anand se rend cette semaine en Turquie et au Royaume-Uni pour discuter de la situation au Moyen-Orient avec ses homologues.
« Il ne devrait y avoir aucune instrumentalisation des voies maritimes internationales ni aucune entrave à l’accès aux ressources nécessaires aux pays du monde entier », a-t-elle ajouté.
Environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz transitent d’ordinaire par le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique à la mer d’Arabie via le golfe d’Oman.
Le blocus de cette voie maritime par l’Iran a entraîné une flambée des prix des carburants et a perturbé l’accès aux sources alimentaires pour certaines des populations les plus pauvres du monde.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a insisté cette semaine sur le fait que le détroit n’est techniquement pas bloqué. « La seule chose qui empêche actuellement le transit dans le détroit, ce sont les tirs iraniens sur les navires. Le détroit est ouvert au transit si l’Iran cesse ces attaques », a-t-il déclaré aux journalistes vendredi.
Plutôt la diplomatie que l’offensive
La ministre Anita Anand a affirmé que le blocus viole les règles des Nations unies et que les navires du monde entier ont le droit d’emprunter le détroit.
« J’ai eu plusieurs conversations avec mes homologues dans la région du Golfe pour souligner qu’on doit être ensemble avec une déclaration sur le droit international et sur la nécessité d’avoir la liberté de navigation, a-t-elle dit. C’est une priorité maintenant pour moi. »
« Nous n’avons pas l’intention d’être là dans le conflit offensif » dans la région, a ajouté la ministre, précisant qu’Ottawa continue de privilégier la voie diplomatique pour mettre fin aux hostilités.
Mme Anand avait auparavant refusé de se prononcer à savoir si Washington a violé le droit international en bombardant l’Iran, jusqu’à ce que M. Carney indique que cela semblait être le cas.
Pression sur les alliés de l’OTAN ?
Mardi, Anita Anand n’a pas souhaité se prononcer sur la question de savoir si le président américain, Donald Trump, tentait de faire pression sur les alliés des États-Unis en liant leur manque de soutien à la guerre en Iran au soutien apporté par Washington à l’OTAN.
L’OTAN a annoncé avoir abattu plusieurs missiles tirés d’Iran vers l’espace aérien turc. La Turquie est membre de l’OTAN et est donc soumise à la disposition de défense collective, l’article 5, qui stipule qu’une attaque armée contre un membre de l’OTAN est considérée comme une attaque contre tous.
Le Canada « soutient pleinement les alliés de l’OTAN » s’ils choisissent d’invoquer l’article 5, a souligné la ministre Anand, tout en précisant que la Turquie n’a pas formulé une telle demande.
La visite de Mme Anand à Ankara intervient alors que la ville se prépare à accueillir la réunion annuelle de l’OTAN début juillet. Le premier ministre Carney devrait y participer.
Elle a ajouté qu’il existe « une dynamique positive dans les relations entre le Canada et la Turquie dans tous les domaines, et notamment en matière d’énergie, de commerce, de défense et de sécurité, ainsi que de relations interpersonnelles ».
Début 2024, le Canada a levé les restrictions sur les exportations d’armes vers la Turquie, qu’Ottawa avait imposées en 2019 à la suite d’informations selon lesquelles ce pays aurait détourné des technologies canadiennes vers l’Azerbaïdjan.
L’Azerbaïdjan était à ce moment impliqué dans ce que Bob Rae, alors ambassadeur du Canada auprès des Nations unies, a qualifié de nettoyage ethnique des Arméniens. Ottawa a également laissé entendre que des drones turcs équipés de capteurs canadiens auraient pu être utilisés en Libye et en Syrie.


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