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L’itinérance de plus en plus visible dans la Péninsule acadienne

3 month_ago 29

         

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La situation de l’itinérance dans la Péninsule acadienne est de plus en plus visible. C’est le constat troublant de deux chercheuses en travail social de l’Université de Moncton.

La région est aux prises avec une augmentation importante de l’itinérance visible et invisible, avec tous les défis que cela comporte en fait de logements, de santé mentale, de ressources et d’acceptabilité sociale.

Lise Savoie et Marie-Pier Rivest ont présenté les conclusions de leur étude devant plus d’une centaine de personnes réunies jeudi dans le cadre d’un forum sur la question, à Shippagan.

Lise Savoie et Marie-Pier Rivest posent pour la photo.

Lise Savoie et Marie-Pier Rivest ont présenté les résultats de leur étude sur l'itinérance dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

Ce qu’on voit, c’est qu’il y a ce problème qui existe, qui est présent dans la Péninsule acadienne et qui est rendu de plus en plus visible, commente Lise Savoie.

Il y a un constat qu’il y a eu une augmentation de l’itinérance dans les deux ou trois dernières années aussi. Depuis la pandémie, par exemple, il y a une précarisation de certains groupes de population, enchaîne Marie-Pier Rivest.

L’itinérance en ruralité

L’itinérance en ruralité dans la Péninsule acadienne comporte de multiples facettes et s’exprime de toutes sortes de façons : le manque de logements abordables, les conséquences d’une économie saisonnière, une hausse du sans-abrisme chez les femmes, les longs déplacements, des abris inadéquats comme des cabanes à éperlans et même des niches à chien et l’absence de services de soutien en santé mentale et en dépendance à proximité.

Des lits dans un local.

Les sans-abris qui utilisent le centre de réchauffement d'urgence dans la Péninsule acadienne ont accès à un lit propre et confortable.

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

Il y a aussi la stigmatisation et l’acceptation sociale qui entrent en jeu, ce qui fait dire à Lise Savoie que c’est plus facile d’ouvrir un refuge pour chiens qu’un refuge pour les humains.

L’itinérance visible est beaucoup plus présente. D’autres formes d’itinérance étaient là, mais elles étaient moins visibles, relate-t-elle.

Les besoins sont pressants, ajoute Marie-Pier Rivest. Elle parle de logements abordables, d’un revenu de base, des allocations nécessaires et des services en place.

Il n’y a pas juste une solution. Ça prend la collaboration de tous les acteurs aux différents paliers, remarque-t-elle.

Nette aggravation du problème

Quand il dirigeait le Centre de bénévolat de la Péninsule acadienne, Léo-Paul Pinet avait commandé une étude sur la question parce que l’itinérance commençait alors à faire surface. C'était en 2009.

Lise Savoie, Marie-Pier Rivest et Léo-Paul Pinet discutent autour d'une table.

Léo-Paul Pinet (à droite) discute avec les deux chercheuses de l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Réal Fradette

On trouvait des gens dans des tentes sur le bord du bois, sous des ponts des viaducs qu’on a chez nous, se souvient-il.

Aujourd’hui, il constate une nette aggravation du problème, ce que vient valider l’étude des deux chercheuses.

Léo-Paul Pinet concède que le problème n'est peut-être pas de l'ampleur de ce que l'on verrait dans une grande ville, mais il souligne qu'il est tout de même de plus en plus présent.

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