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L'Italie, une fiscalité en or pour les héritiers

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Publié le 10/02/2026 23:43 Mis à jour le 10/02/2026 23:50

Temps de lecture : 5min - vidéo : 4min

Un pays ne taxe pas les héritages : l'Italie. Que ce soit pour les donations ou les transmissions d'entreprises, leur système est très différent du nôtre et le plus favorable des pays de l'OCDE. Comment se passe concrètement la gestion de l'héritage chez notre voisin transalpin ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Ce matin-là, à Rome, un professeur d'université et son fils ont rendez-vous chez le notaire. Le père veut donner à son fils un appartement d'une valeur de 800 000 euros. "Je me demandais quel était le moyen le moins cher pour réaliser ce transfert", interroge-t-il. "On a un régime très intéressant, aussi bien pour les successions que pour les donations. Il s'agit de la première maison de votre fils, n'est-ce pas ? Donc, dans votre cas, la donation à votre fils coûtera 400 euros", lui explique-t-on.

Quelques centaines d'euros de taxes seulement liées à l'enregistrement de l'acte. En France, pour cette donation, il aurait dû verser plus de 150 000 euros aux services de l'État. "Cette fiscalité est certainement un avantage très très important. En plus, c'est mon père qui paye, donc plus avantageux que ça, il n'y a pas", reconnaît-il.

Depuis 2006, et une loi de Silvio Berlusconi, en Italie, l'héritage ou la donation ne sont pas taxés jusqu'à un million d'euros par enfant et par parent. Au-delà, l'impôt sur la succession est compris entre 4 et 8 %, en fonction du lien de parenté. En France, l'abattement est de 100 000 euros tous les 15 ans par parent et par enfant. Au-delà, l'impôt est progressif de 5 à 45 % en fonction de la valeur du don ou de l'héritage.

"La véritable vertu de cette règle est de permettre à une maison de rester dans la famille avec les souvenirs familiaux. En France, lorsque le père laisse le bien immobilier à ses enfants, ceux-ci se trouvent souvent contraints de vendre parce qu'ils n'ont pas les moyens de payer les impôts. Je ne pense pas que ce soit juste pour les enfants", explique Elio Bergamo, notaire.

Une faible taxation de l'héritage qui touche aussi les entreprises et qui explique en grande partie pourquoi 80 % des PME italiennes se transmettent de génération en génération contre seulement 22 % en France. Chez Nobili, fabricant de robinets depuis 1954, il ne faut pas se fier aux apparences. Le père a beau marcher devant, aujourd'hui, l'entreprise appartient au fils, troisième génération à la tête de l'entreprise. "On décide à 50-50", confirment-ils.

Fondée par le grand-père, simple marchand, l'entreprise se développe dans les années 70-80, grâce au père. Aujourd'hui, Nobili emploie 300 personnes et réalise 90 millions de chiffres d'affaires annuels. Alberto Nobili et son frère ont tout donné à leurs enfants. Pour cela, ils n'ont payé que 1,5 % de la valeur de l'entreprise pour la succession, sept fois moins qu'en France.

"Il est certain que des taux d'imposition plus bas vous garantissent de pouvoir démarrer dans le contexte d'une entreprise saine comme la nôtre, avec un coussin suffisamment rempli de plumes pour pouvoir investir et viser une croissance continue. En revanche, si l'on brûle tout le capital pour récupérer l'entreprise, cela décourage donc certainement de nombreux entrepreneurs de continuer", pointe Giorgio Nobili, directeur commercial du groupe. Selon eux, cette donation faiblement taxée, réalisée il y a 10 ans, leur a laissé les coudées franches pour investir plus de 30 millions d'euros.

Mais cette fiscalité sur la succession, parmi les plus avantageuses des pays de l'OCDE, a ses limites. Désormais, en Italie, le travail est plus taxé que l'héritage et la société plus inégalitaire, selon cet économiste. "Le principal problème est que les héritages sont extrêmement concentrés entre les mains d'une poignée de personnes. Beaucoup de gens ne reçoivent rien au cours de leur vie, c'est-à-dire que le niveau socio-économique des enfants est de plus en plus déterminé par celui de leurs parents", relève Salvatore Morelli, économiste à l'Université Rome III.

Malgré ces inégalités, les Italiens restent très attachés à cette faible fiscalité sur la succession, car dans ce pays où les salaires n'ont pas augmenté depuis 20 ans, le patrimoine, même petit, apparaît comme le seul moyen d'assurer sa sécurité financière. D'ailleurs, depuis 20 ans, aucun gouvernement, ni de droite ni de gauche, n'a touché à cette loi.

Liste non exhaustive.

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