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Le Festival Musique du Bout du Monde et le Centre communautaire Douglas annoncent la tenue d'une programmation conjointe en 2027 afin de célébrer l'héritage historique et culturel qui unit l'Irlande à la Gaspésie.
Ce sera aussi l’occasion de célébrer les 180 ans de l’exode irlandais vers le Canada, ainsi que le naufrage du Carricks, survenu à Cap-des-Rosiers en 1847.
Le projet s'inscrit dans le cadre de l’initiative culturelle et commémorative Canada-Irlande 180, lancée conjointement à l'automne 2025 par les premiers ministres canadien et irlandais pour commémorer les liens tissés entre les deux nations.
Les deux organismes gaspésiens ont profité du passage dans la région du consul honoraire d’Irlande pour le Québec, Brian O’Gallagher, pour faire l’annonce.
Un Festival qui prend racine dans la communauté
Par ce partenariat, Musique du Bout du Monde (MBM) souhaite mettre en valeur la diversité culturelle du territoire gaspésien. Selon le directeur de MBM, Novy Marin-Gagné, c’est une occasion unique de reconnecter l’organisme à ses racines dans la communauté et de souligner l’ouverture de Gaspé sur le monde.
Pour l'occasion, le festival fera traverser l'Atlantique à des artistes irlandais. L’ampleur de la présence irlandaise durant l’événement, toutefois, reste encore à confirmer en fonction de l’obtention ou non du financement. Novy Marin-Gagné précise avoir procédé à l’annonce du partenariat parce que l’organisme a l’intention d’aller de l’avant même si le projet n’est pas retenu par l’initiative Canada-Irlande 180. Ça fait trop partie de la mission, selon lui.

Novy Marin-Gagné a pris la mesure de l'héritage irlandais en Gaspésie lorsqu'il a visité le monument érigé en mémoire des naufragés du Carricks. Le 28 avril 1847, seuls 48 passagers sur les 180 ont survécu au naufrage.
Photo : Radio-Canada / Toby Germain
Novy Marin-Gagné caresse également l’idée d’intégrer un moment de recueillement lors du spectacle du lever du soleil au Cap-Bon-Ami, l’an prochain. Il espère pouvoir y faire une commémoration en lien avec le Carricks, dit-il, un événement tragique qu’il a appris à connaître lorsqu’il s’est établi à Cap-des-Rosiers l’an dernier.
On fait beaucoup d’événements qui mettent une belle lumière sur plusieurs communautés, sur plusieurs pays du monde, puis on en est fiers, déclare Novy Marin-Gagné.
Si on peut aussi profiter de [notre] mission pour le faire avec nos racines, ici, tant mieux.
Un retour de la semaine irlandaise à Douglastown
Le partenariat permettra aussi au Centre communautaire Douglas de raviver la traditionnelle semaine irlandaise, un événement communautaire qui avait été mis sur pause il y a quelques années, faute de ressources. Pour ce faire, il sera épaulé par Vision Gaspé-Percé Now et bénéficiera de l'expertise logistique du festival.
Le Centre communautaire concentrera sa programmation sur la mise en valeur d'artistes québécois et canadiens de souche irlandaise. Les détails restent à définir, mais des repas communautaires thématiques, de l'interprétation historique et des événements de danse traditionnelle sont prévus.

Selon Thomas Poulin, les nouveaux arrivants de Douglastown contribuent à raviver l'intérêt pour la culture irlandaise.
Photo : Radio-Canada / Toby Germain
Pour le coordinateur administratif, logistique et de développement du Centre communautaire, Thomas Poulin, cette relance tombe à point nommé, puisque Douglastown traverse actuellement une transition démographique charnière. Il note que l'arrivée de jeunes familles francophones y insuffle une nouvelle énergie. Selon M. Poulin, leur désir de s’intégrer à la communauté s'observe dans l'intérêt qu'ils portent au patrimoine musical irlandais.
C'est une communauté qui est très dynamique, il y a une vraie volonté des nouveaux arrivants à Douglastown de s'approprier la culture irlandaise, la musique traditionnelle, les traditions liées à ça.
Une histoire partagée depuis bien longtemps
L’historien Jean-Marie Thibeault rappelle que l’histoire des Irlandais en Gaspésie est très ancienne. Dès l’époque de la Nouvelle-France, des familles irlandaises s’établissaient ici, motivées par la présence de la religion catholique sur le territoire.

L'historien Jean-Marie Thibeault (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen
Il y a une méconnaissance de la réalité irlandaise en Gaspésie, parce que le Carricks, ce n’est pas le début, c’est le summum.
La grande famine irlandaise des années 1840 a provoqué un exode sans précédent et une vague importante de décès. Causée par le mildiou de la pomme de terre, cette tragédie a entraîné une chute démographique critique.
La population de l’Irlande passe de 8,5 à 4 millions d’habitants en quelques décennies seulement. Aujourd’hui, ils sont à peu près 5 millions et demi, précise Jean-Marie Thibeault. Ils sont loin d’avoir récupéré ce qu’ils avaient en 1840.
Qu’il soit le fruit de l’immigration volontaire ou des survivants du Carricks, l’héritage irlandais reste bien ancré en Gaspésie. Le consul honoraire d'Irlande note que le patrimoine irlandais est encore très présent dans la musique traditionnelle au Québec, un métissage popularisé notamment par une figure marquante de la culture québécoise, soit Mary Travers, surnommée La Bolduc.
Selon Brian O'Gallagher, d’ailleurs, ce partenariat entre MBM et le Centre communautaire Douglas est une occasion de célébrer, commémorer, se rappeler et partager les liens qui unissent Gaspésiens et Irlandais depuis plus de 200 ans.


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