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L’Iran cible Israël, Trump menace les infrastructures iraniennes

3 month_ago 92

         

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L’Iran a lancé vendredi de nouvelles attaques de missiles sur Israël et sur des monarchies du Golfe alliées des États-Unis, malgré les menaces de Donald Trump sur les ponts et centrales électriques iraniens.

Rhétorique inflammatoire et frappes quotidiennes se poursuivent sans relâche plus d’un mois après le début du conflit, déclenché par une attaque américano-israélienne contre l’Iran.

Israël a été visé par plusieurs séries de tirs iraniens vendredi, pendant que les juifs marquent Pessah et les chrétiens s’apprêtent à célébrer Pâques.

L’armée israélienne n’a pas détaillé les lieux ciblés, mais la radio militaire a évoqué des dégâts dans une gare de Tel-Aviv.

Selon les médias iraniens, les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République, ont tiré des missiles « longue portée » vers cette ville et la station balnéaire d’Eilat, dans le sud du pays.

Les alertes appelant les Israéliens aux abris en cas de missile sont désormais beaucoup plus restreintes, grâce à des outils d’intelligence artificielle.

« L’alerte est ultra-localisée », explique Sarah Chemla, 32 ans, habitante de Tel-Aviv : si un autre quartier est visé « je ne reçois qu’une pré-alerte et je ne réveille plus mes enfants pour rien ».

L’agence de presse iranienne Fars affirme par ailleurs que l’armée a lancé des recherches pour retrouver le pilote d’un avion de chasse américain, touché par un système de défense aérienne. « Les forces militaires ont lancé une opération de recherche pour retrouver le pilote de chasse américain qui a été touché plus tôt dans la journée », écrit Fars.

Contacté par l’AFP, le commandement militaire des États-Unis pour le Moyen-Orient (CENTCOM) n’a pas répondu dans l’immédiat.

Infrastructures civiles touchées

Aux Émirats arabes unis, 12 personnes, Népalais et Indiens, ont été blessées dont une grièvement après l’interception d’une attaque à Abou Dhabi, où un complexe gazier a été fermé après un incendie suite à une attaque interceptée.

Au Koweït, cible comme les autres pays du Golfe de représailles iraniennes quasi quotidiennes, une attaque de drones sur une raffinerie a provoqué des incendies sur plusieurs unités du site, et une centrale électrique et de dessalement a été touchée.

Ces attaques interviennent quelques heures après que l’armée iranienne a menacé de viser des sites américains et israéliens, mais aussi les « pays hôtes et alliés des États-Unis », accueillant des bases militaires américaines.

Elle rétorquait au président américain qui a menacé l’Iran de nouvelles frappes contre ses infrastructures civiles. « Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques ! », a-t-il averti sur son réseau Truth Social, continuant d’alterner menaces et appels à négocier.

Jeudi, les bombardements américano-israéliens sur des infrastructures ont notamment détruit un pont en construction près de Téhéran et endommagé l’Institut Pasteur iranien, au grand dam de l’Organisation mondiale de la santé.

Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a affirmé que l’armée avait détruit « 70 % des capacités de production d’acier » de l’Iran, dont les deux plus grandes aciéries sont à l’arrêt.

Trump a annoncé mercredi « deux à trois » semaines de frappes intenses pour renvoyer l’Iran « à l’âge de pierre ».

Alors qu’aucune porte de sortie ne se dessine, l’ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a appelé Téhéran à « conclure un accord » avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre.

Téhéran « devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d’Ormuz », voie stratégique pour le commerce mondial, « en échange de la levée de toutes les sanctions », écrit-il dans une revue américaine.

Donald Trump a affirmé vendredi que les États-Unis pouvaient « ouvrir » le détroit d’Ormuz et « prendre le pétrole » avec un peu plus de temps », sans préciser la manière dont il comptait le faire. « Ce serait une manne pour le monde entier », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Le message ne dit pas comment les Etats-Unis pourraient mettre fin au contrôle de l’Iran sur cette voie maritime stratégique ni de quel pétrole il s’agit.

Vote à l’ONU repoussé

La guerre a déjà fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, où le mouvement pro-iranien Hezbollah a commencé à tirer sur Israël le 2 mars.

Au Liban, l’armée israélienne a averti qu’elle allait frapper deux ponts dans l’est du pays, après de nouveaux tirs du Hezbollah libanais vers le sud d’Israël dans la nuit.

L’armée israélienne assure avoir frappé plus de 3500 cibles à travers le Liban et « éliminé » environ 1000 combattants du Hezbollah en un mois, en parallèle de son offensive terrestre dans le sud du pays.

La guerre nourrit de fortes inquiétudes pour l’économie mondiale en raison de la quasi fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, par où transite normalement 20 % du pétrole et du GNL mondiaux, mais aussi 30 % des engrais.

L’Iran, accusé par une quarantaine de pays de vouloir « prendre en otage l’économie mondiale », a prévenu que le détroit resterait fermé aux pays jugés hostiles.

Un porte-conteneurs du groupe français CMA CGM a traversé le détroit jeudi, en affichant via son signal de navigation avoir un « propriétaire français ». C’est le premier passage connu d’un navire d’un grand groupe européen de transport maritime par cette voie depuis sa paralysie.

Les pays du Golfe ont appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à donner son feu vert à une libération par la force du détroit d’Ormuz.

Le vote à l’ONU initialement prévu vendredi sur un projet de résolution autorisant un recours à la force sous condition, porté par Bahreïn et en discussion depuis une dizaine de jours, a été reporté alors que le Conseil de sécurité reste loin d’un consensus.

Téhéran a mis en garde contre toute « action provocatrice » à l’ONU, avertissant qu’un vote du conseil de sécurité « ne fera que compliquer davantage la situation ».

Couvre-feu

Le conflit a des répercussions économiques mondiales. Il fait grimper les prix du pétrole et des engrais, tirant vers le haut les prix des denrées alimentaires selon l’ONU.

Le Bangladesh a réduit les horaires d’ouverture des bureaux et commerces à partir de vendredi pour réduire sa consommation d’énergie. Une mesure similaire limite la vie nocturne habituellement animée en Égypte, où un couvre-feu commercial est fixé à 21 h depuis quelques jours.

En Australie, des centaines de stations-service sont à court de carburant dans les zones rurales alors que débute le week-end de Pâques.

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