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Chronique
Richard Haass
Président émérite du Council on Foreign Relations
En flattant le dictateur nord-coréen et en méprisant la Corée du Sud démocratique, devenue la 14ᵉ puissance économique mondiale, le président des Etats-Unis met en péril la stabilité de la péninsule coréenne, estime, dans sa chronique, l’expert en relations internationales Richard Haass.
Publié aujourd’hui à 10h30 Temps de Lecture 4 min.
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Donald Trump a une nouvelle fois fait part de son souhait de rencontrer le dictateur nord-coréen, Kim Jong-un. Cependant, la sœur de ce dernier, Kim Yo-jong, qui compte parmi ses plus proches conseillers, a déjà douché cet enthousiasme. Qu’il s’agisse d’un signe de désintérêt ou d’une tactique de négociation, deux questions se posent d’emblée : où le président des Etats-Unis espère-t-il que des pourparlers avec Kim le mèneront ? Et comment compte-t-il atteindre son ou ses objectifs ?
Lors du premier mandat de Donald Trump [de 2017 à 2021], le but des discussions avec Kim Jong-un était de parvenir au désarmement nucléaire de la Corée du Nord. Ce fut un échec. Depuis, le nombre d’ogives nucléaires de Pyongyang a considérablement augmenté (pour atteindre 57, selon le locataire de la Maison Blanche), tout comme la précision et la portée des missiles capables de les lancer, dans l’ensemble de la région mais aussi à travers le monde.
Désormais, il est presque certain qu’une nouvelle tentative aboutirait au même résultat. Kim Jong-un est convaincu que sa sécurité repose sur la possession d’une force de dissuasion nucléaire crédible. Il a sans doute remarqué que les Etats-Unis avaient attaqué l’Iran (qui ne disposait pas d’armes nucléaires), qu’ils avaient fait de même avec l’Irak [en 2003], et que l’OTAN [Organisation du traité de l’Atlantique Nord] avait agi d’une manière similaire avec la Libye [en 2011], après que ses dirigeants eurent renoncé à leur programme nucléaire. Pareillement, la Russie a envahi l’Ukraine en 2014, puis à nouveau en 2022, une fois que Kiev a fait une croix sur son arsenal nucléaire postsoviétique en échange de garanties de sécurité qui n’ont pas été respectées.
Le désarmement, objectif irréaliste
Kim Jong-un comprend que l’on ne s’intéresserait guère à lui si son pays ne détenait pas d’armes nucléaires. Son importance et celle de son pays, ainsi que leur rayonnement international, dépendent en grande partie d’un arsenal en constante expansion. Donald Trump surestime deux éléments qui fondent sa conviction que sa stratégie portera ses fruits. Le premier est l’attrait de la diplomatie personnelle. Tous les présidents américains ou presque estiment que leur force de persuasion revêt une grande importance.
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