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L’Inde a un désert où l’on fabrique des glaciers à la main : les prochains doivent monter à 40 m et retenir chacun 16 000 m³ d’eau

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Au Ladakh, des ingénieurs fabriquent des glaciers de leurs mains, et les prochains sont censés atteindre 30 à 40 m de haut. Chacun devait stocker environ 16 000 m³ d’eau, soit 16 millions de litres, ou à peu près le volume de 6 piscines olympiques. Cette ambition découle d’un essai bien plus modeste, mené il y a plus de dix ans sur un plateau d’altitude.

Le prototype de départ ne dépassait pas 6 m de haut.

À retenir

  • Au Ladakh, l’eau d’hiver arrive quand les semis n’en ont pas besoin.
  • Le prototype de Sonam Wangchuk mesurait environ 6 m et stockait 150 m³ d’eau.
  • Un cône fond moins vite qu’un étang gelé car il expose peu de surface au soleil.
  • Les projets suivants visaient 30 à 40 m de haut et environ 16 000 m³ chacun.

Sommaire

  1. Un désert froid où l’eau arrive au mauvais moment
  2. Un jet d’eau que la nuit transforme en montagne
  3. 40 m et 16 000 m³ : le changement d’échelle visé

Un désert froid où l’eau arrive au mauvais moment

Le Ladakh, dans le nord de l’Inde, est un désert froid d’altitude. Au printemps, quand les paysans sèment, les ruisseaux sont à sec. L’eau, elle, coule pendant l’hiver, au moment où personne n’en a l’usage. Ce décalage de quelques mois suffit à compromettre des récoltes entières.

L’idée de stocker cette eau d’hiver n’est pas neuve dans la région. L’ingénieur civil Chewang Norphel a popularisé dès la fin des années 1980 des glaciers artificiels étalés en terrasses. Ces réservoirs de glace plats ont ouvert la voie, mais leur grande surface les expose à la fonte.

Sonam Wangchuk, ingénieur ladakhi, a repris le problème par un autre angle : la forme. Durant l’hiver 2013-2014, il construit un prototype de « stupa de glace », un glacier artificiel en forme de cône. Il tient son nom des monuments bouddhiques en forme de dôme, et il mesure environ 6 m sur deux étages. Le site se trouve à environ 3 200 m d’altitude.

Un jet d’eau que la nuit transforme en montagne

Le principe tient en quelques gestes. L’eau est captée en amont, puis amenée par un tuyau depuis un point plus haut que le site de construction. À l’arrivée, elle est projetée à la verticale. Dans l’air d’une nuit d’hiver au Ladakh, les gouttes gèlent avant de toucher le sol et s’empilent peu à peu en cône.

Aucune machine à glace n’intervient dans la congélation : le froid nocturne s’en charge.

Le prototype a stocké 150 000 litres, soit 150 m³, de quoi remplir environ 1 000 baignoires. Il a fondu cinq fois moins vite qu’un étang gelé. La raison est géométrique : un cône présente peu de surface au soleil pour un grand volume de glace. Un tas de glaçons fond plus vite qu’un seul bloc de même masse, pour la même raison, et le cône pousse cette logique vers le haut.

Cette forme a aussi un avantage d’échelle. Quand on double la hauteur d’un cône, son volume est multiplié par 8 alors que sa surface exposée n’est multipliée que par 4.

Reste une prudence à garder. Des chercheurs qui ont étudié la région soulignent qu’il manque encore des mesures comparatives de la production d’eau entre les différents types de glaciers artificiels. Wangchuk juge son cône plus compact et plus durable que les terrasses de glace, mais cette supériorité n’est pas chiffrée à ce jour par ces travaux.

40 m et 16 000 m³ : le changement d’échelle visé

Les stupas suivants devaient changer de dimension. L’objectif annoncé était de 30 à 40 m de haut, pour environ 16 000 m³ d’eau chacun.

Ces chiffres sont des objectifs, pas des résultats. Un cône de 40 m équivaut à un immeuble de 13 étages environ, dressé dans un désert à plus de 3 000 m. Une telle hauteur suppose de faire monter le jet très haut, donc de disposer d’une alimentation en eau adaptée.

Le volume visé représente environ 107 fois celui du prototype.

Attention à l’unité, souvent mal recopiée : 16 000 m³ valent 16 millions de litres, pas « 16 000 litres cubes ». Quant à la hauteur réellement atteinte par les stupas qui ont suivi le prototype, elle n’est pas établie ici : les chiffres de 30 à 40 m décrivent ce que les constructeurs visaient, et la presse évoque des hauteurs plus basses que nul ne peut vérifier d’après les données disponibles.

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Sources : colorado.edu | qeprize.org | ceew.in

L'équipe Sciencepost

Rédigé par L'équipe Sciencepost

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