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Durant plus de quatre siècles, le navire Mary Rose a dormi au fond du Solent, le bras de mer qui sépare Portsmouth de l'île de Wight, au sud de la Grande-Bretagne. Lorsque les archéologues sont enfin parvenus à le retrouver, l'épave regorgeait d'indices archéologiques sur l'Angleterre des Tudor. Popular Mechanics dévoile le contenu de cette capsule temporelle.
Commandé par le roi d'Angleterre et d'Irlande Henri VIII en 1510, le Mary Rose a pris le large quelques années plus tard, devenant rapidement une figure emblématique de la flotte royale. Pendant trente-quatre ans, il a participé à plusieurs campagnes militaires, avant son naufrage en juillet 1545. Alors que les Français menaçaient Portsmouth, le Mary Rose a manœuvré pour diriger ses canons vers l'ennemi. L'eau s'est alors engouffrée par les sabords ouverts et le navire a chaviré. Sur 500 hommes, près de 460 ont disparu avec le bateau.
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Les premières tentatives britanniques pour récupérer l'épave ont échoué. Des sauveteurs vénitiens ont également tenté de faire passer des câbles sous la coque, sans succès. Le Mary Rose a ensuite été oublié, jusqu'au XIXᵉ siècle. En juin 1836, des pêcheurs ont accidentellement retrouvé sa trace. Des plongeurs ont alors récupéré plusieurs pièces en bois et un canon en bronze, mais l'épave est restée là où elle était.
À partir de 1965, l'archéologue Alexander McKee est parti à la recherche des navires enfouis dans les eaux du Solent. Des cartes anciennes, un sonar et des techniques de profilage des fonds marins lui ont permis de découvrir une structure en forme de W, sous les sédiments. En 1971, une équipe de plongeurs a repéré des grandes pièces de charpente. Le navire a alors été identifié: il s'agissait bien du Mary Rose.
Des objets qui racontent le quotidien des marins
Pendant des années, des centaines d'archéologues sous-marins ont travaillé dans des conditions difficiles. Armés de truelles et de pinceaux, ils ont dégagé la vase et récupéré les objets. Au total, près de 28.000 plongées ont été effectuées. Environ 19.000 artefacts sont remontés à la surface. Les chercheurs ont mis au jour les ossements de 179 membres de l'équipage. Le bateau contenait également plus de 8.300 armes et pièces militaires. Une découverte qui a permis d'établir le record du monde Guinness de la plus grande quantité d'armes médiévales récupérées sur une épave.
Parmi les trouvailles, dix canons en bronze, neuf canons pivotants en fer, 172 arcs longs et près de 4.000 flèches. Les archéologues ont également trouvé des dagues, des boucles de cotte de mailles, des boucliers à canon et même des dispositifs incendiaires. Ces découvertes donnent une image du quotidien militaire des marins sous Henri VIII.
Le 11 octobre 1982, après plus d'une décennie de fouilles, la coque a finalement été sortie de l'eau, grâce à une structure de levage spécialement conçue, des vérins hydrauliques et une immense grue installée sur une barge. L'épave a ensuite été déposée dans un berceau métallique, puis soumise à un long processus de conservation.
De tels dispositifs ont également été expérimentés en France. La découverte, dans les années 2000, du chaland gallo-romain Arles-Rhône 3, long de 31 mètres et très bien conservé, a engendré un véritable engouement au sein de la communauté scientifique. Aujourd'hui, le Mary Rose est exposé à Portsmouth, à proximité du chantier où il avait été construit il y a plus de 400 ans. Un clin d'œil discret pour un navire qui a intéressé de nombreux historiens, à travers les siècles.





























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