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Être candidat pour Québec solidaire, ce n’est que la dernière aventure de Philippe Boudreau. Notre rencontre a lieu aux abords d’une piste cyclable de Baie-Comeau qu’il voudrait bien voir déneigée l’hiver.
Né à Chicoutimi, fils d’un Septilien militaire, il a toujours beaucoup bougé. Enfance à Winnipeg, adolescence à Gatineau, début de vie adulte à Québec, puis Chicoutimi et, à partir de 2010, la Minganie pendant plusieurs années. Puis Terrebonne et… enfin, Baie-Comeau.
À travers tous ces déménagements, deux enfants sont nés. Ils ont maintenant 17 et 23 ans. Philippe Boudreau, 43 ans, les a eus jeune, et ça a participé à une vie professionnelle et universitaire marquée de départs et de recommencements.
N’empêche, le voilà bien imbriqué dans le paysage baie-comois. Il y travaille dans des organismes environnementaux, mais aussi à réaliser des projets à échelle humaine, comme celui de construire une patinoire pour les jeunes de son quartier.
Est-ce que ça veut dire que la vie commence à tourner au ralenti? Visiblement pas. Quand j'ai su qu'il n'y avait pas de candidat pour René Lévesque chez Québec solidaire, ça ne m'a pas pris 24 heures pour prendre ma décision.
Cette entrevue a été adaptée pour des fins de longueur et de compréhension.
Radio-Canada : Qu’est-ce que la plupart des gens ignorent à votre sujet?
Philippe Boudreau : Je disais que je suis passé par plein de programmes d'études, puis plusieurs emplois, mais ça m'est aussi arrivé d'être itinérant dans tout ça. Quand je suis parti étudier à l'extérieur, à un moment donné, j'étais dans un logement où ma sécurité était en jeu.
Je n’avais pas les moyens de me trouver autre chose, puis j'ai passé un mois à dormir dans ma voiture, à chercher des endroits où dormir le temps de terminer mon programme. Je ne pouvais pas dépenser de l'argent qu'on avait pour la famille.

La protection de l'environnement, notamment via l'opposition au projet de GNL de Marinvest à Baie-Comeau, fait partie des priorités de Philippe Boudreau (tout à droite dans la photo). (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
Radio-Canada : Quel est votre modèle politique?
Philippe Boudreau : Jack Layton. Il est décédé, mais Jack Layton, c'est un modèle. C'est quelqu'un qui travaillait avec les autres, et qui travaillait pour les gens. Il a tellement donné de lui-même. Sa dernière campagne, il était malade, il était mourant. Il ne l'a dit à personne, il a fait sa campagne quand même pour mener ses troupes. C'est extraordinaire.
Le niveau d’abnégation est tout simplement incroyable. Je me souviens d'une caricature qui est parue à son décès et qui m'a énormément marqué. On voyait un semis d'érable tout frêle, mais qui tenait grâce à la canne de Jack Layton.
Radio-Canada : Vous avez une longue fin de semaine à passer sur la Côte-Nord. Qu’est-ce que vous en faites?
Philippe Boudreau : J'irais à la chasse à Natashquan. On a fait ça pendant cinq ans, on remontait la rivière Natashquan en canot toute la famille. Je retournerais avec les enfants. On s’était acheté une tente prospecteur, on avait un canot de 20 pieds de long.
Il y a une année, on a remonté sur une cinquantaine de kilomètres à la pagaie. On a ramené un orignal à quatre, ma blonde, mes enfants et moi.
Une autre année, j’en ai rapporté un tout seul, après une expédition familiale, de façon très téméraire. Je l'avais découpé en huit morceaux au lieu des quartiers habituels, puis j'avais des portages. Au dernier portage, des Innus m'ont vu arriver. Ils m'ont donné un coup de main pour le dernier portage. Il y avait une kukum [une grand-mère] qui faisait leur repas. Elle m’a dit : Toi, viens t'asseoir là, prends un café, raconte-moi ton histoire.

Philippe Boudreau a eu ses enfants dans la jeune vingtaine, ce qui a bouleversé sa vie universitaire et professionnelle.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Radio-Canada : On vous donne une baguette magique pour régler un problème. Lequel?
Philippe Boudreau : Les changements climatiques, parce que, si on règle les changements climatiques, on évite tellement d'autres problèmes. J'ai envie de faire ma Miss America et de dire que je veux la paix dans le monde, mais la réalité c'est que les changements climatiques vont amener une période d'instabilité internationale tellement grave.
Les changements climatiques vont faire en sorte qu'on va avoir de la misère à s'alimenter, que notre milieu de vie va être bouleversé, puis on n’est pas sûr que les prochaines générations vont y survivre.
Et comme il faut parler de politique… les 3 priorités de Philippe Boudreau :
- le retour des redevances en région;
- les relations avec les autochtones;
- l'environnement.


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