De plus en plus de personnes ont recours au suicide assisté, mais leurs motifs restent insuffisamment compris. C’est le constat dressé par des experts du CHUV. En Suisse, premier pays au monde à avoir autorisé la pratique, en 1942, l’Office fédéral de la statistique a recensé 1774 cas en 2024, contre seulement 43 en 1998. «A mesure que l'aide médicale à mourir se généralise, les cliniciens sont de plus en plus souvent sollicités, les décideurs politiques continuent d’affiner les cadres réglementaires et les comités d’éthique sont régulièrement tenus d'évaluer des cas complexes. Pourtant, relativement peu d’études se sont penchées sur les raisons qui poussent les gens à choisir l’aide médicale à mourir comme option de fin de vie», pointe une équipe du CHUV, regroupant des spécialistes des soins palliatifs ainsi que des sciences humaines et sociales, qui a mené ses propres recherches sur le sujet.
Leurs conclusions, publiées dans la revue médicale britannique «The BMJ», montrent que «la décision de recourir au suicide assisté repose rarement sur une seule raison mais qu’elle se construit progressivement dans le parcours de vie», écrivent-ils, ajoutant que «les motivations ne sont ni fixes ni uniformes; elles évoluent au fil de la prise de décision». Une lecture sensiblement différente des précédentes analyses, disent-ils, où l’aide médicale à mourir est essentiellement associée à une souffrance insupportable.


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