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L’immigration francophone nuit au marché du travail canadien selon un avocat

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Le gouvernement fédéral poursuit son élan afin de renforcer l’immigration francophone hors Québec. Selon Evan Green, un avocat spécialisé en immigration à Toronto, cette politique constitue une barrière à la rétention d’une main-d’œuvre plus qualifiée et davantage en adéquation avec le marché du travail canadien.

Au début du mois, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a révélé les résultats du tirage au sort du programme Entrée Express pour l'année 2026.

IRCC opère avec un système de points qui va déterminer le positionnement des candidats dans le bassin.

Ce système, appelé système de classement global (SCG), repose sur différents critères, à savoir les compétences, le niveau d’études, les compétences linguistiques et les expériences professionnelles.

Le gouvernement a ainsi distribué 8500 invitations à des candidats francophones pour un score de 400 points, tandis que 6000 invitations ont été envoyées dans un bassin plus large avec une attente de 508 points.

Privilégier la langue aux compétences ?

Evan Green soutient que le gouvernement accorde une importance démesurée à la compétence linguistique. Il dénonce ainsi un déséquilibre dans le processus de recrutement et des critères beaucoup plus stricts pour les autres candidats.

Lorsque nous examinons le système canadien actuel, on constate qu’on accorde une grande importance à la maîtrise du français. À tel point que d’autres candidats ne sont pas admissibles.

Selon lui, cette mesure réduit les chances de retenir une main-d'œuvre plus qualifiée et en phase avec les réelles attentes du marché du travail canadien.

Il assure notamment que certaines entreprises sont grandement affectées par ce système. Vous ne pouvez pas faire venir votre PDG car il n’obtiendrait pas suffisamment de points selon le système, mais si quelqu’un parle français, il n’y a aucun problème, critique-t-il.

De son côté, Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) qualifie la perspective de l’avocat de biaisée.

Selon elle, l’analyse d’Evan Green ne prend pas en compte les motivations derrière la politique du gouvernement en matière d’immigration francophone, à savoir rétablir le poids démographique de la francophonie hors Québec.

Liane Roy sourit.

Liane Roy affirme que le renforcement de l’immigration francophone est un objectif légitime et conforme au cadre juridique national.

Photo : Photo fournie par Serge Quinty, Directeur des communications, FCFA du Canada

En 2022, le Canada a atteint pour la première fois sa cible de 4,4 % d’immigrants francophones hors Québec, un objectif qui avait été établi depuis 2003. Cette politique s’inscrit dans la Loi sur les langues officielles.

Bien qu’elle considère cela comme une avancée, Liane Roy affirme que le chemin est encore long. Il y a eu un déclin des communautés francophones depuis 1971 et ça s’est démontré par des taux de croissance inférieurs à ceux de la population totale, c’est pour ça que le gouvernement fédéral a mis cette clause sur la Loi sur les langues officielles, explique-t-elle

Selon les données d’IRRC, près d’un million de francophones vivent actuellement au Canada, hors Québec. Cela représente 3,5 % de la population contre 6,1 % en 1971.

Le bilinguisme comme atout économique

La présidente du FCFA soutient que favoriser l’immigration francophone ne signifie pas sacrifier l'excellence et les compétences professionnelles. Elle y voit, au contraire, un atout économique.

L’immigration francophone ne retire pas de places, elle élargit le bassin de talents qui est disponible.

Liane Roy affirme que la maîtrise de la langue française et les compétences recherchées doivent être compatibles.

Dans un contexte où la compétition mondiale pour les talents est vraiment féroce, le Canada se distingue précisément par son bilinguisme institutionnel. Le fait qu’on peut recruter au niveau économique, qu’on peut avoir des marchés sur les cinq continents à cause de notre main-d'œuvre bilingue, c’est important, martèle-t-elle.

Intégrer de nouvelles passerelles d’immigration

À ce jour, l’Entrée Express regroupe trois programmes fédéraux, à savoir l’expérience canadienne, les travailleurs qualifiés et les travailleurs de métiers spécialisés.

Evan Green souhaite la création d'un nouveau programme d’immigration pour les cadres supérieures afin de faciliter l’obtention de leur résidence permanente. Les entreprises devraient pouvoir les retenir, affirme-t-il.

La FCFA, quant à elle, est en discussion avec le gouvernement fédéral pour la mise en place d’un programme destiné exclusivement aux communautés francophones.

Baptisé Programme économique d’immigration francophone, l’objectif est d’accroître la main-d'œuvre francophone et bilingue qualifiée et de l’étendre dans des zones plus éloignées.

L’organisme prendra la parole lundi au Comité permanent de la Citoyenneté et de l’Immigration prochain pour aborder les détails du projet.

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