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Les immigrants francophones qui choisissent de s’installer dans les Territoires du Nord-Ouest (TNO) ont « souvent » l’intention de quitter lorsqu’ils obtiennent un statut permanent, soutient un nouveau rapport réalisé par l’Observatoire en immigration francophone au Canada.
Diffusé en début de semaine, le document d’une soixantaine de pages se fie aux expériences d’une vingtaine de participants aux parcours divers pour tracer des conclusions sur l’état de l’immigration francophone aux TNO et plus spécifiquement à Yellowknife.
Selon les auteurs, les raisons évoquées sont nombreuses pour expliquer l’exode des immigrants lorsqu’ils obtiennent leur résidence permanente : manque d’infrastructures, conditions climatiques rudes et liens sociaux difficiles, pour n’en nommer que trois.
Mais surtout, est-il écrit, les TNO sont « souvent envisagés comme une étape vers la résidence permanente avant un départ vers une autre province » décrit le rapport. « En parallèle, des personnes disposant d’un statut permanent viennent aussi aux TNO, mais leur installation s’inscrit le plus souvent dans un parcours migratoire déjà amorcé dans d’autres provinces », précise-t-on toutefois.
Une situation qui évolue
Les constats font état d’une « transformation récente du profil de l’immigration francophone, marquée à la fois par une diversification des statuts migratoires, dont la progression de l’emploi temporaire, et par celle des origines, en particulier africaines », explique le rapport.
Les mécanismes de recrutement des personnes immigrantes influencent directement ce dernier point, explique la recherche financée par Immigration, Réfugiée et Citoyenneté Canada. « La dynamique s’appuie de plus en sur un recrutement direct depuis les pays d’origine, facilité par des programmes fédéraux mobilisés par les employeurs dans [l’embauche] de main-d’œuvre francophone », y est-il écrit.
« Alors que le territoire attirait plus souvent des personnes titulaires d’un permis vacances-travail ouvert, le profil observé depuis 2022-2023 se compose davantage de personnes en emploi temporaire avec un permis de travail fermé. »
Cette nouvelle tendance influence l’insertion des nouveaux arrivants dans la mesure où leur parcours est intimement lié à l’emploi. Un permis de travail fermé permet à une personne immigrante de travailler et de rester en sol canadien, mais seulement au sein d’une seule entreprise.
Ces personnes ont donc une entrée rapide sur le marché du travail, mais le rapport montre aussi qu’elles disposent souvent de moins de repères sur les réalités des TNO. Ultimement, elles pourraient être poussées à changer de province ou de territoire, notamment en faveur du Québec ou de l’Ontario, une fois l’obtention d’un statut permanent, est-il indiqué.
Reste que « la langue française agit comme un repère structurant, soutenant un sentiment d’appartenance dans un environnement majoritairement anglophone », notent les chercheurs.
La Fédération franco-ténoise, qui a commandé le rapport, a noté lundi qu’elle « se réjouit que l’étude reconnaisse “une communauté francophone dynamique et porteuse” , tout en rappelant que cette vitalité repose sur des ressources limitées et un financement insuffisant ».
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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