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L’îlot Saint-Vincent-de-Paul et ses 151 unités d’habitation sociale sortiront de terre dès le printemps 2027 sur une des verrues urbaines les plus tenaces de la capitale. À peine annoncée, la concrétisation de ce rêve porté par le comité populaire Saint-Jean-Baptiste s’attire déjà les critiques de ce dernier en raison de la cherté de certains logements prévus au complexe.
L’ensemble comprendra aussi un CPE de 80 places et une esplanade verte entourée de jardins communautaires. Cette oasis urbaine fleurira sur un terrain laissé à l’abandon depuis presque 40 ans au sujet duquel chaque idée paraissait s’embourber dans des conflits juridiques sans fin.
La facture estimée de l’îlot Saint-Vincent-de-Paul se chiffre à 55,7 millions de dollars, partagés entre les trois ordres de gouvernement et des prêts consentis par la Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Jeudi, le fédéral avait dépêché son ministre du Logement, Gregor Robertson, pour annoncer le bouclage financier qu’a permis une contribution de 11,2 millions de dollars puisée à même les fonds de l’agence Maisons Canada.
« Nous assistons, aujourd’hui, à un moment d’histoire », a fait valoir le maire de Québec, Bruno Marchand, dont l’administration a fait l’acquisition du lot en 2022. « C’est une grande victoire pour les citoyennes et les citoyens de Saint-Jean-Baptiste qui revendiquaient depuis des décennies que ce site soit redonné à la communauté. »
L’ajout de 151 logements, dont 30 % réservés aux familles, dans ce secteur situé à l’orée du Vieux-Québec devrait grossir d’environ 500 habitants un quartier que l’administration de Bruno Marchand a promis de repeupler.
« Une trahison » pour le comité populaire
À peine confirmé, le financement de l’îlot essuyait toutefois les critiques du comité populaire Saint-Jean-Baptiste. En cause : « une obligation d’intégrer 20 % de logements intermédiaires [qui] indigne royalement l’organisation ».
« Le logement intermédiaire est un logement dont le prix maximal est fixé à 150 % des loyers plafonds définis dans le Programme d’habitation abordable du Québec », indique le comité populaire.
« On parle de logements qui tourneraient actuellement autour de 1400 $ par mois pour un 3 ½ et de 1600 $ par mois pour un 4 ½, déplore sa porte-parole, Marie-Ève Duchesne. Dans un contexte où la cherté du loyer fait déjà des ravages, qui va pouvoir se payer ces logements ? »
Aux yeux du « compop », le gouvernement commet « une trahison » à l’encontre de la volonté locale, qui, selon lui, milite depuis des décennies pour que l’îlot ait une vocation entièrement communautaire.
Le gouvernement québécois a débloqué 8,6 millions de dollars pour financer la réalisation de l’îlot.


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