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Paradoxalement, c’est la fermeture du centre-ville de Moncton pour une populaire exposition de voitures qui fait rêver à la piétonnisation de certaines artères.
Les passionnés de voitures classiques et de véhicules modifiés sont venus en grand nombre pour admirer les différents modèles sur la rue Main, fermée à la circulation vendredi pour l’événement Atlantic Nationals, qui a culminé avec le spectacle de Sass Jordan.

Les vieilles voitures de collection attirent le regard des curieux et des passionnés d'automobile, le 12 juillet 2025, à Moncton.
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
Alors que la Ville de Moncton révise son plan d’urbanisme, l'idée de rendre piétonnières certaines rues du centre-ville est de nouveau évoquée.
Ça aide à créer une ambiance au centre-ville quand on ferme la rue Main et qu'on fait des événements d'envergure, comme l’Atlantic Nationals, a déclaré en entrevue, dimanche, Patrick Richard, le directeur général de Downtown Moncton Centre-ville.
L’organisme représente les marchands et les commerçants de ce secteur commercial de la ville. On voit ça vraiment comme un atout, avance son porte-parole.
L'expérience malheureuse de 2020
L’idée d’une rue piétonnière au centre-ville de Moncton revient périodiquement. Un essai tenté en 2020 s’est soldé par un échec et on y a coupé court plus tôt que prévu.
Trop hybride, dit Patrick Richard. À cette époque, on avait forcé la circulation sur la rue Main en une direction seulement, ajouté une voie cyclable et essayé de faciliter la distanciation physique pendant la phase aiguë de la pandémie de COVID-19.
C'est un projet pilote a été conçu de façon très rapide, il y avait de grosses lacunes, se rappelle Brian Branch, membre de la Coalition pour le transport actif de Moncton. L’expérience était mal organisée, et la rue mal reliée aux autres artères et au sentier riverain, dit-il.

De juin à août 2020, la rue Main était à sens unique avec un large corridor pour piétons, à Moncton. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Shane Magee
Les marchands ont réagi négativement. La piste cyclable a été beaucoup utilisée comme excuse, affirme Brian Branch. Oui, les commerces étaient beaucoup moins fréquentés, mais était-ce à cause d'une pandémie ou d'une piste cyclable?
Patrick Richard aimerait qu'on essaie de nouveau, mais de manière plus délibérée. Au lieu de fermer [la Main] juste pour la fermer, il croit important qu’une rue piétonne ressemble beaucoup à un quartier vivant.

Patrick Richard est le directeur général de Downtown Moncton Centre-ville.
Photo : Radio-Canada / Esther Chaumont-Goneau
Si on utilise des exemples comme à Montréal, explique-t-il, créer une rue piétonne — une zone piétonne — ne veut pas forcément juste dire de fermer la rue. Il faut aussi l'animer, avoir des activités, des spectacles, pour que, justement, les gens s'approprient l'espace.
Il croit, par exemple, que des restaurants pourraient s'approprier l'espace en agrandissant leur terrasse.
Pour les entreprises comme telles, je pense que ce serait positif, affirme le directeur de Moncton Downtown Centre-ville.
Brian Branch, un avide cycliste qui est aussi passionné de voitures anciennes — il en conduit lui-même deux — souligne que la croissance de la population place Moncton est devant une impasse qui devra être résolue.
À certains endroits, il n’y a tout simplement pas assez de place pour davantage d’automobiles. On ne peut pas continuer à faire augmenter l'utilisation de la voiture comme la population, dit-il, parce qu'on va se retrouver avec des gros problèmes de congestion.

Brian Branch
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Si on facilite les déplacements en voiture au centre-ville, ça va attirer plus de voitures, résume-t-il. Il n’y a personne qui veut avoir plus de congestion. Même les conducteurs de voitures ne veulent pas plus de congestion.
Tant Patrick Richard que Brian Branch constatent qu’il y a chez les marchands et entrepreneurs des opinions très ancrées sur l’importance des voitures dans les secteurs commerciaux, et qu’elles ne correspondent pas à la réalité.
On a encore beaucoup de perception [voulant que] trafic de voitures = de l'achalandage dans leurs magasins, ce qui n'est pas nécessairement le cas.
C'est les gens qui soutiennent les commerces, c'est pas les voitures, déclare Brian Branch.
Et le stationnement?
Je comprends vraiment la peur de nos marchands de perdre des stationnements, déclare Patrick Richard.
Il pense qu’il est tout à fait possible de faire des compromis, de perdre les quelques stationnements qui sont sur la Main pour encourager plus les gens à l'explorer à pied et encourager les gens à stationner ailleurs.
On a un parc de stationnement à plusieurs étages qui est sous-utilisé, rappelle-t-il.

L'intersection de la rue Main et de la rue Botsford, au centre-ville de Moncton, dimanche.
Photo : Radio-Canada / Myriam Breau
Il serait favorable à la piétonnisation à certains moments de l’été. Je pense que ce n'est pas forcément une bonne idée de le faire à l'année longue, parce que ça perd un peu l'aspect fun et l'aspect que c'est différent, dit Patrick Richard.
On le voit un petit peu à Charlottetown, à Halifax, pas nécessairement une rue qui est ouverte 12 mois par année, mais dans certains mois de l'été, par exemple, renchérit Brian Branch.

Le public sur la rue Argyle, au centre-ville d'Halifax, pour visionner la finale de la Coupe du monde de la FIFA, remportée par la France sur la Croatie, le 15 juillet 2018.
Photo : Radio-Canada / Dave Irish/CBC
Enfin, ce dernier fait valoir non seulement l’avantage économique d’augmenter l’achalandage piétonnier d’une rue commerciale, mais aussi les bienfaits pour la communauté. C'est une façon de se rassembler, de développer des connexions avec nos voisins, avance-t-il.
Aujourd'hui, la Ville de Moncton révise son plan municipal. La promotion du centre-ville et l’amélioration des déplacements à pied font partie des priorités de cette révision.
La ville incite les citoyens à se prononcer sur leurs désirs quant à l'avenir de leur ville.
D’après le reportage d’Esther Chaumont-Goneau


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