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L’IA souffle (un peu) sur la rentrée

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Le souffle de l’intelligence artificielle (IA) demeure toujours bien ressenti en cette nouvelle rentrée scolaire. S’il est vrai que l’hécatombe pressentie sur le marché du travail ne s’est toujours pas manifestée, la menace n’en demeure pas moins persistante, avec les jeunes diplômés dans la mire. Le premier échelon de l’escalier menant à une carrière continue de s’éroder.

Le rapport sur les perspectives de l’emploi 2026 de l’OCDE, publié en juillet, se veut plutôt éclairant. Du moins, il se déploie en deux tons. L’Organisation a beau rappeler qu’en moyenne, dans les pays de la zone, les professions les plus exposées au risque d’automatisation représentent environ 28 % des emplois, le premier ton évoque que la faucheuse tant décriée n’est toujours pas passée, ce qui laisserait présager que l’intelligence artificielle aurait tendance à remodeler le travail plutôt qu’à soumettre la main-d’œuvre ou des professions entières au couperet. N’a-t-on pas déjà parlé d’une ère de convergence de l’humain avec la technologie, laissant apparaître une « fracture des compétences » ?

Les taux moyens d’emploi et d’activité de la zone OCDE sont restés à des niveaux records ou proches de ceux-ci, atteignant respectivement 72,1 % et 76,7 % au premier trimestre de 2026. Qui plus est, en portant leur attention sur les travailleurs des secteurs de l’industrie manufacturière et de la finance, les auteurs observent que ceux qui travaillent avec l’IA ont tendance à être positifs relativement à ses répercussions sur les performances et les conditions de travail. Ainsi, « quatre travailleurs sur cinq déclarent que l’IA a amélioré leurs performances et trois sur cinq qu’elle a augmenté leur plaisir au travail. Les travailleurs sont généralement très positifs quant à l’impact de l’IA sur leur santé physique et mentale », peut-on lire sur le site GNT.

Les salaires ne répondent pas

Derrière ces données se profilent toutefois des nuages sombres. Il est ajouté en deuxième ton qu’en moyenne, toujours dans la zone OCDE, le taux de chômage est resté relativement stable, à 4,9 % — près de son creux historique —, mais que deux tiers environ des 38 pays formant ce groupe ont enregistré une progression à ce chapitre. Que de nouveaux signes de ralentissement apparaissent, dont une amorce de contraction de cette croissance de l’emploi et du taux d’activité. Et que les salaires réels ont augmenté à un rythme moins soutenu entre les premiers trimestres de 2025 et de 2026. Le salaire minimum réel a même diminué, y compris au Canada, celui-ci figurant parmi les six pays ayant enregistré une baisse sur cette période. En fait, « dans environ un tiers des pays de l’OCDE, les salaires réels sont inférieurs au niveau enregistré il y a cinq ans », met en exergue le secrétaire général de l’Organisation, l’Australien Mathias Cormann, dans un texte de l’Agence France-Presse.

Les jeunes diplômés en première ligne

Et l’on voit dans l’IA non pas nécessairement la cause première de cette contraction, mais bien un accélérateur. Une corrélation que vivent déjà les jeunes diplômés universitaires. Car il ressort du rapport qu’ils sont sans cesse plus exposés au chômage que les autres travailleurs, une tendance qui va en s’accentuant et qui rend l’accès au premier emploi encore plus compétitif pour les nouveaux arrivants sur le marché. « Ce phénomène rend la première marche de l’escalier professionnel plus étroite et difficile d’accès », lit-on encore sur GNT.

Certes, il y aura des éclopés, et les analystes parlent d’un effet de masse plutôt notoire. Ici et là, on avance que les travailleurs doivent s’attendre, d’ici à 2030, à la transformation ou à l’obsolescence de 39 % de leurs compétences sous le coup de l’enracinement de l’IA. Ou encore que cette révolution technologique expose près de 40 % des emplois dans le monde, alors que le Fonds monétaire international (FMI) a déjà évoqué une incidence sur environ 60 % des emplois dans les économies dites avancées. Avec, pour cible, 12 % de tous les emplois (ou tâches) pleinement automatisés d’ici 2032, projette la firme d’analyse Oxford Economics.

Cela dit, l’effet de masse ne sera pas que douloureux. Du moins, le FMI n’a pas été sans ajouter que « parmi les emplois exposés, environ la moitié pourrait bénéficier de l’intégration de l’IA, qui se traduirait par un gain de productivité ». Et l’on s’empresse de soutenir qu’elle ne sera pas sans également offrir des occasions de reclassement et de création de métiers dont on ignore encore l’existence.

Faut-il redire que dans son analyse prospective pour 2026, publiée en décembre, l’agence spécialisée en emploi Randstad Canada a bien résumé la situation en retenant que la majorité des travailleurs (68 %) étaient prêts à adopter l’IA ? « Nous entrons dans l’ère de la convergence de l’humain avec la technologie. La véritable limite de la transformation numérique n’est pas technologique, mais humaine. » Pour 2026, à tout le moins, « la limite à la croissance de l’IA ne sera ni l’outil ni l’investissement, mais la disponibilité de talents capables [d’allier leur jugement stratégique à la puissance de l’IA et] d’en orchestrer l’adoption à grande échelle », proposait l’agence.

Pour après…

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