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Le candidat des Républicains à la présidentielle dévoile son projet mardi à Paris. Il défend une « ambition techno populaire », chiffrée à 25 milliards d’euros sur cinq ans, dont le financement pourrait être compensé par 15 milliards d’économies.
Bruno Retailleau a choisi la station F à Paris, vantée comme la «plus grande pépinière de startups du monde», pour présenter son projet présidentiel dédié à l’intelligence artificielle.
Ce programme, révélé mardi sous l’intitulé «L’IA au service des Français et de leur indépendance», est résumé sur un document d’une cinquantaine de pages, consultable sur le site internet du parti LR et annoncé par le candidat, dès mardi matin, dans les colonnes du journal L’Opinion. «À mes yeux, l’IA dépasse même ce qu’a été le choix stratégique du nucléaire pour la France : ce dernier était un levier de souveraineté, l’IA sera la souveraineté même. C’est une architecture de civilisation, parce que demain elle sera dans tout», prévient le sénateur, en assurant être lui-même un utilisateur quotidien de divers agents conversationnels, tels «ChatGPT», «Claude» et «bientôt Vibe».
Ni fascination béate, ni peur stérile face aux transformations annoncées par le développement planétaire de l’IA, argumente le chef de file des Républicains. Il défend l’idée d’un projet collectif français à bâtir en s’appuyant sur la puissance de ces nouvelles technologies pour surmonter des contraintes, comme celle du vieillissement de la France, ou pour aller chercher des «gains de productivité». Dans le contexte économique très difficile de la France et alors que certaines études estiment le nombre d’emplois menacés à hauteur de 5 millions, Bruno Retailleau plaide pour une réaction active. «L’intelligence artificielle et la robotisation ne sont pas un confort : elles sont la condition du maintien de notre niveau de vie, de nos services publics et de notre modèle social», affirme-t-il.
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«Servir le pays tout entier»
Selon une étude récente de Coface et de l’Observatoire des Emplois Menacés et Émergents (OEM), environ 16 % des tâches sont aujourd’hui exposées à l’automatisation et à l’essor de l’intelligence artificielle générative. Mais pour le candidat LR, ces nouveaux outils peuvent être une opportunité pour de nombreux secteurs, notamment ceux souffrant de métiers en tension. Au final, il propose aux Français de s’en emparer, sans laisser l’IA entre les mains d’acteurs extra-européens puissants ou d’une «élite technicienne». Bruno Retailleau défend ainsi une «ambition techno populaire». «L’IA doit servir le pays tout entier, soutient-il, le patient qui attend aux urgences, le salarié dont le métier change, l’enseignant qui veut transmettre, l’artisan qui se bat contre la paperasse, le maire qui cherche à mieux administrer sa commune, l’agriculteur qui pilote sa parcelle...»
Sans se contenter de fixer des axes face à un développement qui «n’attend pas le consentement» de la population et qui, selon lui, s’imposera en décidant le rang des nations en une décennie, le projet de Bruno Retailleau, envisagé sous l’égide d’un «État stratège», repose sur une série de projections et d’objectifs : suppression des tâches répétitives des fonctionnaires à hauteur de 40%, libération de 250 000 postes à redéployer (dont la moitié de départs à la retraite non remplacés), création d’un agent IA administratif unique pour les Français (Marianne), installation d’un ministère dédié rattaché au premier ministre, développement d’un plan d’urgence numérique (Vauban) et d’un cloud souverain sécurisé, accélération de la construction de data centers souverains (1 gigawatt en 2030, 4 en 2035), accompagnement des entreprises via un «suramortissement» pour les investissements IA, ainsi qu’un plan de formation/reconversions professionnelles.
Quel serait le coût global d’un tel projet pour le pays ? Bruno Retailleau chiffre l’effort à 25 milliards d’euros sur cinq ans, soit 1,9 milliard d’euros par an, si l’on tient compte des économies estimées. «L’IA est le
nucléaire du XXIe siècle, souligne enfin le candidat, nous lui devons la même lucidité, la même volonté, la même endurance. Non pour suivre les
autres, mais pour rester maîtres chez nous».


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