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L’IA à l’école : un virage incontournable

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TECHNOLOGIE. L’intelligence artificielle (IA) s’intègre de plus en plus dans notre société, notamment dans le domaine de la santé. Mais qu’en est-il du milieu scolaire? Jusqu’à quel point cette technologie pourra-t-elle prendre place dans celui-ci? L’Express a discuté avec trois intervenants.

Le 9 janvier, le Journal s’est rendu à une activité pédagogique portant sur l’IA, à l’école secondaire du Bosquet.

Sur deux périodes, des élèves du programme particulier Culture, Sciences humaines et Multimédias (CSM) ont accueilli en classe la conférencière Agathe Paigneau en charge de l’atelier intitulé IA & Toi, une initiative gratuite de l’organisme Printemps numérique.

Dans un premier temps, les jeunes ont entre autres été sensibilisés à l’IA et ont discuté de leur utilisation de cette technologie. Pendant la deuxième période, ils ont amorcé la réalisation de capsules vidéo mettant en scène des personnages marquants de l’histoire du Québec.

La conférencière Agathe Paigneau de l’organisme Printemps numérique. (Photo : Ghyslain Bergeron)

«À la première période, c’était de voir ce qu’ils font avec l’IA, essayer de comprendre le fonctionnement derrière, voir comment ils protègent leurs données quand ils interagissent avec l’IA. On a discuté des enjeux écologiques, de la génération d’images avec l’IA, sur ce qu’on peut faire et ne pas faire et voir où la loi se situe actuellement. Il faut être des citoyens numériques quand on utilise l’IA», a expliqué Mme Paigneau.

«Il faut être responsable dans les usages. C’est de se demander par exemple si tu as le droit de mettre un camarade de classe dans un prompt. Si tu envoies une photo à l’IA, c’est de poser la question : va-t-elle se retrouver ailleurs? On a discuté des pours et des contres», a-t-elle ajouté.

Questionnée sur l’utilité de l’IA en milieu scolaire, Agathe Paigneau a répondu que c’est un outil qui «peut aider, mais qui ne remplace pas l’enseignement ni les travaux à l’école».

«Il faut surtout avoir un volet de sensibilisation à l’IA», a-t-elle mis l’accent.

Les jeunes ont d’ailleurs pu explorer différents modèles d’intelligence artificielle, comme ChatGPT ou encore Google AI Studio, dont son usage principal est pour les idées, les scripts, les prompts (les requêtes en français) et la génération visuelle.

«On a misé sur les modèles gratuits», a-t-elle spécifié.

L’IA dans le métier de professeur

Présent à cette activité, Ugo Martin est le coordonnateur du programme particulier Culture, Sciences humaines et Multimédias (CSM), mais il est également professeur en univers social.

Il enseigne également le monde contemporain en cinquième secondaire.

M. Martin pense que c’est «nécessaire» d’éduquer les jeunes sur l’intelligence artificielle pour ressortir les côtés positifs et négatifs de cette technologie.

«Avec tous les scandales qui sont arrivés de gauche à droite avec l’IA, dans les dernières années, je trouve que c’est nécessaire d’éduquer. C’est de savoir ce qu’est l’IA et comment peut-on s’en servir intelligemment et efficacement, sans tomber dans le copier-coller. D’un côté, ça va être un outil de travail pour les jeunes. Pour les enseignants, ça l’est déjà», a-t-il spécifié.

Ugo Martin utilise l’intelligence artificielle, notamment dans son cours de monde contemporain.

«Présentement, ce que je fais avec les élèves, je leur demande de trouver des sources fiables sur des sujets d’actualités, de tensions et conflits, et de rentrer ça dans l’intelligence artificielle pour produire une présentation orale ou qui va me servir à enseigner», a-t-il expliqué.

Pour lui, cette technologie lui permet de consacrer du temps «sur d’autres choses».

«On n’est pas rendu là, mais je crois que l’intelligence artificielle pourra aider à la correction. Je pense aux professeurs de français qui corrigent 60 heures par semaine. Ça va être intéressant dans l’avenir, il faut rester éveiller à tout ça», a-t-il lancé.

Selon Ugo Martin, Copilot de la compagnie américaine Microsoft est, pour le moment, le seul modèle d’IA qui est mis de l’avant dans son milieu de travail.

Il croit cependant «qu’on ne pourra pas faire semblant» que les autres modèles «n’existent pas».

«Les jeunes utilisent d’autres modèles [que Copilot]. On doit éduquer et travailler là-dessus. On va se servir de cela pour mieux réussir. Quand j’étais au secondaire, l’ordinateur apparaissait et on s’est adapté. L’IA, ça va être la même chose, mais je pense que cela va arriver plus rapidement», a-t-il fait savoir.

Un déploiement «graduel» de l’IA

En entrevue téléphonique avec L’Express, Stéphane Guilbert, directeur du service des technologies de l’information au Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC), a indiqué que son organisation souhaite davantage intégrer l’intelligence artificielle dans ses établissements.

Cependant, le déploiement doit être «graduel et sécurisé», a-t-il informé.

«On ne peut pas passer à côté de ça. On souhaite avoir une utilisation accrue de l’intelligence artificielle, mais il faut que cela respecte la Loi 25 sur la protection des renseignements personnels des citoyens du Québec et la cybersécurité. Il faut que ça respecte des critères éthiques et responsables», a-t-il expliqué.

En décembre, il a d’ailleurs eu un arrêté ministériel adressé aux organismes publics concernant l’intelligence artificielle.

«Tout organisme public, on doit mettre en place une structure de gouvernance adaptée au besoin de l’organisation. Il faut s’assurer qu’il y a une utilisation responsable des systèmes d’IAG, donc intelligence artificielle générative, et que cette structure-là soit arrimée avec la gouvernance des données numériques gouvernementales», a-t-il précisé.

M. Guilbert a mentionné que le modèle Copilot supporte le système du Centre de services scolaire des Chênes.

Il a toutefois révélé qu’ils sont en train d’analyser le modèle d’intelligence artificielle, Google Gemini.

Stéphane Guilbert a indiqué qu’au CSSDC, il y a deux comités qui portent une attention sur cette technologie, soit l’un qui se concentre sur la Loi 25 et la cybersécurité, avec quelques aspects de l’IA, et l’autre qui s’investit à 100 % sur l’intelligence artificielle.

«Les deux comités travaillent ensemble sur cette technologie. Il y a un arbre décisionnel qui est en train de se construire. C’est de voir comment on peut déployer l’intelligence artificielle de façon progressive, graduelle et avec sécurité», a-t-il conclu.

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