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L'horrifique fable de Mbappé, du policier mis à la retraite et de Benalla, par Veerle Daens

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L’administration française possède un talent rare : celui de transformer un acte de reconnaissance privée en un scandale d’État, tout en gérant les véritables dérives de ses proches avec une souplesse de contorsionniste. L’affaire de ce policier, mis à la retraite d'office pour avoir accepté un don de Kylian Mbappé, est le parfait condensé de cette pathologie.

Le ministère de l’Intérieur s’est drapé dans sa toge de vertu pour fustiger un « manquement grave à la déontologie ». Soit. Mais où était cette rigueur implacable quand Alexandre Benalla, l’ami du Prince, multipliait les passe-droits, utilisait des passeports diplomatiques après son éviction et gérait des contrats de sécurité privée avec des oligarques russes depuis les couloirs de l’Élysée ?

La réalité est cruelle : à Beauvau, la sanction dépend moins de la faute que de la proximité avec le centre du pouvoir.

  • Pour le petit fonctionnaire de terrain : la règle est de fer. Pas un euro, pas un cadeau, pas une once d’humanité dans l’échange. Vous appartenez à l’État, corps et âme.
  • Pour les « potes » du système : la règle est de plastique. On temporise, on diligente des commissions qui s’ensablent, on attend que l’orage médiatique passe pour recaser les fidèles dans des officines de conseil grassement rémunérées.

Le crime d'avoir un prix (privé)

D’un point de vue libertarien, ce qui choque l’administration dans le « don Mbappé », ce n’est pas la corruption — car il n’y a ici aucun détournement de fonds publics ni préjudice pour le contribuable. Ce qui choque, c’est que le policier a cessé, le temps d’une transaction, d’être une propriété de l’État.

En acceptant cet argent, il a agi comme un agent libre dans une économie de services. Or, le Léviathan ne supporte pas que ses serviteurs découvrent qu’ils ont une valeur sur le marché privé. Si un policier peut être mieux récompensé par un citoyen satisfait que par sa hiérarchie, c'est tout l'édifice de la soumission bureaucratique qui s'effondre.

Le message envoyé à la troupe est dévastateur : « Restez dans la précarité et le mépris, c’est le gage de votre intégrité. Si vous cherchez à améliorer votre sort par le biais de la société civile, nous vous briserons. »

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Le Courrier des Stratèges brise l'omerta sur ce que beaucoup considèrent comme l'une des plus grandes opérations de kompromat (chantage par le dossier) du siècle.

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L’institution contre les individus

Pendant que l'on traque le « pourboire » de la star du PSG, on ferme les yeux sur les structures de corruption systémique : les notes de frais délirantes de certains préfets, les cabinets de conseil qui rédigent des rapports inutiles pour des millions d'euros, ou encore ces anciens ministres de l'Intérieur qui finissent leur carrière dans les conseils d'administration des entreprises qu'ils étaient censés réguler.

C'est la définition même de l'anarcho-tyrannie : l'État est incapable d'assurer la sécurité de base dans les rues, mais il déploie une énergie féroce pour persécuter ses propres agents dès qu'ils s'écartent du rang.

Conclusion

Beauvau a choisi son camp : celui d'une caste qui protège les siens (les Benalla et consorts) tout en sacrifiant ses exécutants pour donner une illusion de moralité au public. En punissant ce policier, l'État n'a pas protégé la justice ; il a simplement rappelé qu'il est un propriétaire jaloux qui ne tolère aucune concurrence, pas même celle de la gratitude.

Le jour où la sécurité sera rendue au marché et aux contrats privés, ce genre d'hypocrisie disparaîtra. Car dans le monde réel, un employé récompensé pour son excellence est un motif de fierté, pas un sujet de révocation.

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