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Ce documentaire poignant raconte le quotidien, si beau mais si difficile, des soignants d’un grand hôpital parisien qui accueillent des nouveau-nés en urgence vitale.
Passer la publicité Passer la publicitéLa mortalité néonatale augmente depuis dix ans en France. Avec 3,7 décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances, dont la moitié surviennent durant la première semaine de vie, elle est désormais supérieure à la moyenne européenne.
En cause, des grossesses de plus en plus tardives - elles sont dites gériatriques après l’âge de 34 ans -, des naissances de plus en plus précoces - stress, âge, charge mentale... -, des pathologies plus lourdes, mais aussi le manque de lits et d’effectifs paramédicaux. Ce documentaire de la collection « Infrarouge » en témoigne, montage pudique de cinq mois passés en immersion dans le service de soins critiques néonataux de Robert-Debré, à Paris.
L’Hôpital des premiers jours rappelle que « le dévouement des soignants ne suffit pas à pallier la baisse constante des moyens alloués à l’hôpital ». L’établissement accueille des nouveau-nés en urgence vitale. Certains s’en sortent. Comme ce petit, arrivé quelques heures après sa naissance, si combatif et pourtant si minuscule. D’autres pas. Comme ce bébé, dont le visage, puis le caryotype, révèle une anomalie génétique forcément létale. Face aux parents, la jeune pédiatre pleure en annonçant la mort imminente de l’enfant, leur proposant des soins palliatifs plutôt qu’un inutile et certainement bien douloureux acharnement. Larmes de joie ou profond désespoir, le film - une production Haut et Court - n’est pas racoleur. Il ne dénigre pas, ne vitupère pas. Au contraire.
Chances de survie gâchées
S’il pointe le manque d’infirmières spécialisées, d’aides-soignants, et ses conséquences potentiellement catastrophiques pour le confort de travail, et donc pour les bébés, il montre aussi, et surtout, l’attention et le soin portés aux malades comme aux parents. Il dit la qualité de l’échange et de l’écoute. La douceur des gestes, qui doit rester la même, que l’on doive les répéter sur un ou dix nouveau-nés. Le calme qui règne enfin, dans les couloirs de ce service. L’Assistance publique se détériore.
Même à Robert-Debré, l’un de ses bateaux-phares, huit des vingt-huit petits lits suréquipés sont actuellement fermés. Autant de chances de survie gâchées par manque de reconnaissance (salaires, horaires, charge émotionnelle...) d’un secteur auquel les pouvoirs publics avaient promis des lendemains meilleurs au sortir de la crise sanitaire. «J’ai réalisé deux films en immersion à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis pendant l’épidémie de Covid. Le premier aux urgences, le second en réanimation adulte. J’y dénonçais le manque de moyens alloués à l’hôpital public et ses conséquences sur la prise en charge des patients. À cette époque, les soignants étaient applaudis tous les soirs à 20 heures avec une ferveur impressionnante, ils étaient “la première ligne” de défense contre ce que notre président avait qualifié de guerre. Ils étaient enfin considérés de tous, admirés, remerciés. C’était particulièrement touchant pour eux car ils sortaient d’une année de grève très dure pendant laquelle ils avaient réclamé plus de moyens et de considération… sans jamais être entendus », rappelle le réalisateur Éric Guéret dans sa note d’intention. Cinq ans après, ce troisième film prouve que rien n’a changé. Entre déprime et colère, l’engagement des personnels, pourtant, reste total. Bouleversant.


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