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Par Delphine Minoui, correspondante à Istanbul
Publié le 18/08/2026 à 18h10
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REPORTAGE - En marge du nouveau processus de paix, les acteurs de la société civile kurde s’inquiètent de voir leurs revendications démocratiques passées sous silence au profit d’une approche sécuritaire.
À la fenêtre de ce taxi jaune, les mots bataillent, criblés d’incertitude. « Ni amnistie, ni démocratie », peste Alan, accroché au volant. À 61 ans - dont 36 à Istanbul, après avoir dû fuir la guerre dans le Sud-Est -, le professeur kurde à la retraite, originaire de Bingöl, aimerait croire en un « vrai processus de paix ». Quand on l’interroge sur ses doutes, sa main glisse immédiatement dans sa boîte à gants, pour en ressortir deux photos : l’une, jaunie par les années, laisse entrevoir la moustache d’Apo, surnom d’Abdullah Öcalan, le chef historique du PKK ; l’autre plus récente, mais grignotée par l’humidité, affiche le visage de Selahattin Demirtas, ancien chef de l’opposition politique kurde. « On cherche à nous vendre l’idée d’une transition, mais de quelle transition parle-t-on quand nos deux figures centrales restent en prison ? » Le premier, embastillé depuis 1999, a pourtant joué un rôle moteur dans les négociations préalables au désarmement de la guérilla…


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