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Le funiculaire du Tréport a été remis en service il y a 20 ans. À cette occasion, l'Informateur se plonge dans son histoire. Épisode 2 : les télécabines, comme à la montagne.
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Par Lucas Farcy Publié le 24 août 2026 à 20h36
Après sa mise en service en 1908 et une survie difficile entre les deux guerres, le funiculaire du Tréport est laissé à l’abandon après la Seconde Guerre mondiale (voir notre article), dans une ville qui a été occupée par l’armée allemande et qui a été partiellement détruite.
S’il est abandonné, l’ouvrage et ses voûtes creusées à travers la falaise restent cependant visibles et en bon état. C’est ainsi qu’en 1957, une entreprise privée décide de remettre en service un transport public entre la plage et le haut de la ville. Le funiculaire est remplacé par un système de télécabines (que certains appelleront téléphérique ou télésiège).
10 cabines pour deux à trois personnes
« Les cabines au nombre de 10, pesaient chacune 80 kg et 180 kg avec la pince qui les retenait au câble. Cette pince était fabriquée en Suisse […] Chaque cabine pouvait transporter 2 adultes et un enfant », peut-on lire sur un panneau consacré aux télécabines, visible au musée du Vieux-Tréport. L’ouvrage, qui est habituellement plutôt utilisé pour amener les skieurs sur les pentes de montagne, va fonctionner pendant plus de 20 ans au Tréport.
« La construction du télécabine a commencé en 1957 et sa mise en service a eu lieu à la Pentecôte 1958 ». Pendant 24 ans, Mario Gonzi sera le chef d’exploitation du télécabine. Celui-ci sera secondé par quatre employés en hiver et six en été.
Nous avions rencontré Mario Gonzi en 2020, chez lui à Mers-les-Bains. Alors âgé de 92 ans, celui-ci avait des souvenirs précis de cette époque : « Au départ, en 1957, on était venu me chercher ». Embauché pour s’occuper des installations électromécaniques des télécabines, Mario Gonzi occupera tous les postes, de la maintenance et de l’entretien des machines jusqu’à la vente de tickets. Un dévouement tel qu’en 1979, l’entreprise qui exploitait le télécabine avait proposé au Mersois de reprendre l’exploitation. « C’était rentable, mais il y avait beaucoup de frais », expliquait Mario Gonzi, qui, sous les conseils de ses proches, avait choisi de ne pas se lancer dans l’aventure.

La montée plus chère que la descente
À cette époque, ce moyen de transport est payant et la montée coûte plus cher que la descente : en effet, si beaucoup de visiteurs sont prêts à descendre la falaise par l’escalier, un tel trajet dans l’autre sens peut d’apparenter à un véritable défi sportif.
À l’ouverture du télécabine en 1958, les voyageurs doivent payer 75 centimes la montée ou 50 centimes la descente. En 1980, peu avant sa fermeture, les voyageurs doivent payer 5 francs la montée ou 3 francs la descente.
À la mort de son propriétaire en 1980, le télécabine parvient à survivre quelques mois, avant sa fermeture et un nouvel abandon jusqu’au début des années 2000. Le système de télécabine ne sera néanmoins pas repris, notamment parce que celui-ci présente des problèmes de sécurité et de fiabilité : les cabines, balancées par les vents forts en bord de mer et à flanc de falaise, doivent régulièrement être stoppées.
Il faudra de nouveau attendre longtemps pour monter sur la falaise du Tréport sans peine. Le funiculaire tel que nous le connaissons actuellement est mis en service en 2006 et sera cette fois accessible gratuitement. Un projet que nous vous détaillerons dans notre prochaine édition.
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