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L’histoire émouvante de Dany Létourneau, décédé d’un cancer du rein à 43 ans

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En septembre dernier, Dany Létourneau apprenait qu’il était atteint d’un carcinome des canaux collecteurs, un cancer du rein rare diagnostiqué au stade 4. Il avait 42 ans et deux jeunes enfants. Quelques mois plus tard, les médecins confirmaient que la maladie était incurable. Dany Létourneau est décédé cette semaine, dans la nuit du 11 au 12 mars. Le Devoir l’avait rencontré en compagnie de sa conjointe quelques heures avant la fin.

C’est devant la maison de soins palliatifs du Pavillon Florence-et-Charles-Albert-Poissant, en bordure de la rivière des Prairies, que Camille Joly-Proulx donne rendez-vous au Devoir. Elle sait qu’il ne reste que quelques heures — tout au plus quelques jours — à vivre à son conjoint, et elle ne veut pas manquer une seule minute auprès de lui. « Chaque petit moment que je peux tenir sa main et raconter des anecdotes de voyage, je vais en profiter », explique Camille.

Ensemble depuis près de 17 ans, le couple d’infirmiers a appris il y a six mois que Dany était atteint d’un « carcinome des canaux collecteurs, un cancer agressif, rare et souvent découvert trop tard », avait écrit M. Létourneau dans une campagne de sociofinancement lancée pour sa famille. Devant la tragédie qui annonçait son départ, il a récolté près de 150 000 $. « Je le fais pour Camille, mon amoureuse depuis dix-sept ans. Solide. Aimante. Inébranlable. […] L’argent amassé servira à compenser la perte de salaire de Camille et la mienne, à couvrir les frais de médicaments non remboursés par notre assurance, ainsi que les services de psychologues — aussi longtemps que nous quatre en aurons besoin », peut-on lire dans son appel aux dons.

Il y a trois semaines, ils ont reçu le pronostic final : il n’y avait plus aucun traitement qui pouvait prolonger la vie du père de famille. Dany Létourneau désirait initialement mourir à son domicile, auprès de sa famille. Ses détresses respiratoires ont fait évoluer sa pensée. Souhaitant protéger ses enfants, il a migré vers une maison de soins palliatifs où Camille, ses enfants, son père mais aussi son meilleur ami l’ont accompagné au quotidien. « Le mot “injuste” revient souvent dans son vocabulaire », raconte sa conjointe, émue.

Préparer les enfants au pire

Cette semaine, Camille Joly-Proulx disait au Devoir être constamment divisée entre son conjoint et la « vraie vie » qui continue, alors que ses deux enfants veulent encore jouer à Serpents et échelles et faire des bricolages. « C’est ça, leur vie. Il faut qu’ils soient heureux et qu’ils continuent de s’amuser. Mais je m’ennuie d’être avec mon chum, parce que je sais que les journées et les heures sont comptées », confiait-elle. Camille se considère toutefois comme extrêmement privilégiée de pouvoir compter sur de l’aide psychologique.

Pour Dany Létourneau, l’essentiel était de s’assurer que son départ ne mettrait pas à risque ses proches. Dans ses derniers moments de lucidité, il a expliqué au Devoir ne pas vouloir laisser de trous dans la vie des siens. « C’était ça, le plus important pour moi, d’assurer une continuité pour eux. »

Les deux enfants ont été au cœur de la transition de cette « nouvelle vie qui s’en vient pour nous, puis de la fin de la sienne », explique Camille. Étape par étape, les parents ont expliqué que « papa avait un gros bobo ». Dany et Camille ont sorti un livre d’anatomie et ont laissé leurs enfants poser toutes leurs questions. « Quand on a su qu’il n’y avait plus aucun traitement qui fonctionnait, on leur a dit : “Oui, papa va décéder, il va mourir.” »

Dany a finalement rendu son dernier souffle, mais en étant convaincu que sa famille n’était pas seule ni démunie dans l’adversité. « J’ai la conviction qu’on va être corrects. On va être tous les trois résilients, soutient la mère de famille. Je ne leur demande pas d’être des superhéros, les cocos, mais une journée à la fois, on va être heureux, on va continuer de danser dans le salon, d’arroser nos fleurs l’été et d’avoir du fun. »

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