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À l'entrée de Salers, petite citée posée sur les cimes des Monts du Cantal qui compte davantage de bovidés que d'habitants, les taureaux rouges qui bardent le lettrage des véhicules Red Bull-BORA-hansgrohe semblent évoluer dans leur biotope naturel. QG de la formation germanique pour cette première journée de repos du Tour de France, le village répertorié parmi les plus beaux lieux de France transpire le calme et la quiétude. Un décor idyllique, loin de l'agitation et de la folie de la Grande Boucle, dans lequel Remco Evenepoel a goûté à un répit bien mérité.
"Il a enfourché son vélo de contre-la-montre lors de sa sortie matinale afin de conserver certains repères sur cette machine", explique Patxi Vila. De retour d'une petite balade digestive dans les ruelles pavées qui entourent l'hôtel de l'équipe germanique, le directeur sportif espagnol a pris le temps de se poser dans le bus climatisé du Brabançon et de ses équipiers pour préfacer une seconde semaine de course qui s'annonce palpitante.
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Patxi Vila considère que Remco Evenepoel a bien digéré la première semaine du Tour de France. ©VKAPatxi, avant le début de ce Tour de France, Remco avait clairement affirmé qu'il aimerait gagner une étape en ligne afin de connaître la sensation d'y lever les bras. Quel regard portez-vous sur la journée de ce mardi vers le Lioran que certains comparent à Liège-Bastogne-Liège ?
C'est vrai qu'on peut faire un parallèle entre cette journée et les classiques ardennaises ou le Tour de Lombardie par exemple. C'est clairement une belle occasion pour Remco, mais tout dépendra des circonstances de course, car il faudra trouver le bon équilibre entre cette volonté de gagner une étape et nos ambitions pour le classement général. La priorité numéro un, c'est très clairement le deuxième élément, c'est cela qui nous drive comme on dit en anglais. Mais on essaie d'en faire aussi découler certaines opportunités de succès. On sait aussi que sur ce terrain, cela sera difficile face à l'équipe UAE, car il y a de fortes chances qu'on assiste à une explication entre favoris ce mardi. Si c'est dans une échappée qui se joue la victoire, elle sera alors composée de super-coureurs, un peu comme dimanche en direction d'Ussel (NdlR : victoire de van der Poel).
Après la première journée, ce sont plus les jambes que les qualités intrinsèques qui parlent.
À vos yeux, quels seront les dangers de la deuxième semaine de ce Tour pour le Brabançon ?
Après la première journée de repos d'une épreuve de trois semaines, c'est plus l'état de forme qui parle que les réelles caractéristiques intrinsèques du coureur. On sait déjà qu'il faudra être extrêmement attentif ce mardi, mais aussi que le week-end sera l'un des moments forts du Tour avec l'inédit col du Haag le samedi, que nous sommes allés reconnaître, et le Plateau de Solaison le dimanche. J'ai le sentiment que Remco a bien digéré ces deux premiers jours de course, qu'il n'a pas trop été affecté par la chaleur. Il faisait déjà très chaud lors de notre stage en Sierra Nevada et c'est d'ailleurs pour favoriser l'acclimatation à ce contexte que nous avons choisi cet endroit pour notre camp d'entraînement. Remco me donne le sentiment d'être frais. Le jour du Tourmalet, il a très bien géré son effort, il ne s'est pas mis dans le rouge comme il aurait peut-être pu le faire dans le passé. Il a roulé avec la tête et on en est très contents.
Collectivement, c'était insuffisant dimanche, il ne faut pas se le cacher.
Dimanche, sur la difficile étape qui menait à Ussel, Lipowitz et Evenepoel se sont retrouvés esseulés dans le groupe des favoris, sans autre équipier. Comment l'expliquez-vous ?
Maxim Van Gils venait d'essayer de prendre l'échappée quand le peloton a explosé et Hindley n'était, pour sa part, pas bien placé. Je crois qu'il s'agissait bien plus d'un manquement tactique que d'un problème d'état de forme de nos hommes. Mais cela n'empêche pas que nous devons réellement faire mieux dans des contextes comme celui-là, car c'était insuffisant dimanche, il ne faut pas se le cacher.
Tour de France sous 40°C : "On a l'impression de rouler dans un four"Pensez-vous qu'un leadership unique se dégagera dans cette deuxième semaine de Tour au sein de votre équipe ou continuerez-vous de privilégier cette approche à deux hommes ?
Notre objectif, c'est de pouvoir maintenir notre stratégie à deux leaders jusqu'à Paris et de tenter d'amener Remco et Florian sur le podium final. C'est toujours plus intéressant de conserver deux options dans son jeu, on veut essayer de garder ce luxe jusqu'au bout. Sur des étapes comme celles des Vosges, par exemple, qui peuvent être particulières sur un plan tactique, cela constitue une vraie arme. Et puis, la dernière semaine est tellement difficile que tout peut s'y passer…
Avez-vous le sentiment que certains de vos coureurs ont souffert davantage que d'autres dans la touffeur de ces premières étapes et sont déjà solidement entamés ?
La difficulté dans un tel contexte climatique, c'est que si on fait un effort très intense, on met plus longtemps à récupérer. On l'a par exemple vu avec Maxim Van Gils dimanche après sa tentative d'échappée. Il s'est mis trop à bloc pour tenter d'intégrer un groupe de fuyards et puis il a été difficile de le récupérer dans la course.
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