Il y a six mois environ, l’Agence Spatiale Européenne (ESA) a envoyé dans l’espace un satellite météorologique de nouvelle génération. L’objectif ? Améliorer la surveillance des événements climatiques extrêmes comme les tempêtes violentes. L’agence vient d’en publier les premières images, montrant que l’opération est un succès.
La troisième génération de Meteosat
Baptisé Meteosat Third Generation (MTG), ce satellite est le premier de la troisième génération de satellites météorologiques européens circulant en orbite géostationnaire. Pour l’ESA et ses partenaires européens, il s’agit de remplacer progressivement les Météosat de seconde génération (MSG) d’ici 2040. Le premier MTG a été placé sur orbite le 1er juillet 2025 et comme le révèle un communiqué de l’ESA publié le 27 janvier 2026, ses premières images viennent d’être partagées, à l’occasion de la dernière conférence spatiale européenne à Bruxelles.
Dans les faits, le MTG observe la même zone de manière continue, ce qui permet d’obtenir des données relatives à la température et à l’humidité toutes les demi-heures. Le satellite offre donc une couverture régionale, avec un cycle de répétition des observations tous les quart d’heure. Rappelons également que l’objet donne à voir le disque terrestre, à une distance d’environ 36 000 kilomètres.
Une cartographie fiable à l’aide de centaines de canaux infrarouge
Le satellite utilise l’instrument Infrared Sounder, mesurant à la fois la température de surface et celle au sommet des nuages. Sur les images, les points les plus chauds apparaissent en rouge foncé et les plus froides, en bleu. L’ESA a expliqué que l’appareil en question est le tout premier sondeur hyperspectral européen, permettant une cartographie fiable à l’aide de ses centaines de canaux infrarouges. Les premières images couvrent l’Europe, l’Afrique du Nord et une partie des régions à proximité. Ces images devraient permettre aux météorologues de bénéficier de nouvelles perspectives quant à la répartition des températures et de l’humidité dans l’atmosphère.
« Comme on pouvait s’y attendre, la plupart des zones les plus chaudes (rouge foncé) de cette image (voir ci-après) se situent sur les continents africain et sud-américain. En haut au centre de l’image, le contour de la côte ouest-africaine est nettement visible en rouge foncé, la péninsule du Cap-Vert, où se trouve Dakar, la capitale du Sénégal, figurant parmi les zones les plus chaudes. En bas à droite, la côte ouest de la Namibie et de l’Afrique du Sud est également visible en rouge sous un tourbillon de nuages froids bleus, tandis que la côte nord-est du Brésil apparaît en rouge foncé à gauche de l’image. », peut-on lire dans le communiqué.
Crédit : ESA
Mieux prévoir les orages et les fortes tempêtes
Dans un avenir très proche, il sera donc possible de générer des cartes tridimensionnelles de la température, de l’humidité et même des « gaz traces ». Pour rappel, le terme « gaz traces » désigne des gaz présents en très faibles quantités dans l’atmosphère, comme le dioxyde de carbone, le méthane, l’ozone etc. Or, malgré cette faible concentration, ces derniers ont un impact majeurs sur le climat et la qualité de l’air.
En revanche, les responsables du projet affirment que le MTG servira principalement à mieux prévoir les tempêtes violentes frappant l’Europe. De plus, le satellite et les autres qui suivront permettront un meilleur suivi du cycle des orages, de leur formation à leur dissipation, grâce à la combinaison des données d’imagerie et de sondage.


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