NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Fin avril 2005, la Grande Bibliothèque ouvrait pour la première fois ses portes au public. Un an plus tard, en 2006, elle fusionnait avec la bibliothèque nationale et les Archives nationales. Pour ce 20e anniversaire, les Presses de l’Université de Montréal publient BAnQ. Visions pour une institution phare. Un ouvrage collectif « en forme de bilan critique » signé par des inconditionnels amoureux de la mission de BAnQ. Et ici, qui aime bien critique bien.
« Il n’existe à peu près pas d’exemples dans le monde d’un [autre] endroit qui soit à la fois la bibliothèque nationale d’un pays, à la fois ses archives nationales, et à la fois une grande bibliothèque publique qui dessert tout le territoire », rappelait Lise Bissonnette, première présidente-directrice générale de BAnQ, lors du lancement en mars dernier de ce livre.
Cette fusion « a créé un corps constitué qui a surpris, à l’international, où on pensait que ça ne pouvait pas fonctionner parce qu’on retrouve à la fois des chercheurs et des enfants dans cette bibliothèque », continuait-elle.
Auprès des articles de madame Bissonnette, d’autres signés par les historiens Gilles Gallichan et Jean-François Palomino, par la doyenne des Bibliothèques de l’Université McGill, Guylaine Beaudry, et les professeurs à l’École de bibliothéconomie de l’Université de Montréal Carol Couture (archives) et Marie D. Martel (bibliothèques).
Ensemble, et par articles, ils rappellent l’histoire de la constitution de BAnQ, et analysent ses résultats. Le constat ? BAnQ n’a plus les moyens de ses missions — nombreuses, et à la fois essentielles et ambitieuses.
Et ces missions s’étiolent à force de négociations avec des budgets intenables. Carol Couture consacre un chapitre à observer les mouvements du financement étatique de BAnQ, chiffres à l’appui. Conclusion : BAnQ est dans une longue période de « définancement », qui ne semble pas près de se terminer.
« On assiste à des réductions de services (heures d’ouverture, personnel, expositions), au report de projets structurants, ainsi qu’à une fragilisation progressive des fonctions importantes et du rayonnement de BAnQ », écrit-il.
Les effets de cette « érosion silencieuse des missions par les coupes budgétaires », comme la nomme à son tour Guylaine Beaudry, sont détaillés par les auteurs pour tous les aspects de BAnQ par un épluchage des rapports annuels.
Ainsi posés côte à côte, ils inquiètent, effectivement. Disparition des expositions. Réduction des heures de visites. Absence d’archivage des réseaux sociaux. Réduction des acquisitions, des prêts de documents physiques et des visites. Report du projet d’augmentation des espaces d’entreposage des archives. Entre autres.
Quand dire, c’est faire
Marie D. Martel, de son côté, signe le chapitre « Entre réalité et discours. Une décennie de transformations (2014-2024) ».
Elle y compare les orientations portées par les différents directeurs avec les données tirées de StatBib (les statistiques des bibliothèques publiques du Québec) et des rapports annuels.
Une manière de croiser données et récits. Les chiffres, ainsi, permettent de suivre sur dix ans les « recul du présentiel, progression du numérique, cycles d’érosion et de relance des ressources, recomposition de la médiation et du rayonnement », écrit-elle.
Et les discours des directeurs rappellent, eux, la manière dont « BAnQ s’est racontée : virage citoyen et tiers-lieu (Christiane Barbe), tiers-lieu inclusif (Geneviève Pichet), triptyque patrimoine — numérique — communautaire (Jean-Louis Roy), société apprenante (Marie Grégoire) ».
Autant de visions qui créent un horizon d’attente, explique-t-elle en visio-entrevue. Ce qui peut être très bien.
« Ce qui me dérange, c’est lorsqu’on a des idées fortes qu’on ne concrétise pas et qu’on continue à les porter, alors que les données ne suivent pas les ambitions proclamées. » Quand les bottines ne suivent pas les babines, autrement dit…
Ce qui se cache dans les écarts
Mme Martel se questionne ainsi sur l’ajout d’un volet éducation, apporté par Jean-Louis Roy, et repris par Marie Grégoire et sa société apprenante.
« Ce n’est pas une mauvaise idée de mettre éducation et littératie au cœur des missions, mais ça alourdit un mandat déjà très lourd, alors que les ressources et budgets ne suivent pas », donne-t-elle en exemple.
Sur une décennie, l’observation de ces « écarts riches en enseignements » révèle une montée fulgurante du numérique, une fréquentation sur place en retrait, des acquisitions en baisse, des expositions retirées, une médiation éclatée et un suivi lacunaire des publics prioritaires, et des effectifs en ressources humaines quasi constants.
Pour refonder BAnQ, trois chantiers sont nécessaires, selon elle. D’abord, y mesurer ce qui compte, avec des données continues. Puis, réinvestir la présence et la médiation de proximité. Enfin, assurer des ressources suffisantes.
Finalement, ajoute-t-elle, réaffirmer BAnQ comme bibliothèque de recherche nationale.
« Big is beautiful »
Lors du lancement du livre, certains de ses auteurs parlaient de l’espèce d’indifférence des gouvernements des dernières années face à BAnQ. Ou d’incompréhension, peut-être, de tout ce à quoi elle peut toucher.
Est-ce à cause de son amplitude ? On ne peut, rappelle Lise Bissonnette dans les premières pages de l’ouvrage, la considérer comme un organisme culturel subventionné parmi d’autres.
Car elle est aussi « l’institution culturelle la plus fréquentée, et d’immensément loin, parmi toutes au Québec », avec des établissements dans toutes les régions, des collections patrimoniales qui dépassent celles des musées et un réseau numérique qui sert les citoyens, mais aussi des usagers de tous pays.
Et qui demeure, comprend-on, sous-exploitée par rapport à tout ce qu’elle peut apporter.


1 month_ago
22



























.jpg)






French (CA)