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L’épicerie à bas prix Liquidation Marie va bientôt se lancer dans la livraison. Si certains détails restent inconnus, tout porte à croire que les prix demeureront avantageux, affirme un expert.
L’enseigne née en 2012 à Saint-Zotique est en forte croissance. Elle comptait à peine cinq magasins en mai 2025. Moins d’un an plus tard, ce nombre avait plus que doublé.
En 2026, l’entreprise compte poursuivre son développement au-delà de la brique et du mortier, fait-elle savoir sur son site Web. Elle promet « les mêmes produits de qualité à prix liquidation » et des économies allant « jusqu’à 80 % sur vos achats alimentaires, livrés directement chez vous ».
La propriétaire de l’entreprise, Marie Eve Breton, n’était pas disponible lundi pour préciser la date de lancement. On ignore aussi pour le moment si l’épicerie fera affaire avec une entreprise tierce pour la livraison — tels Instacart ou Uber Eats —, comme c’est le cas chez certaines grandes chaînes.
« Je serais surpris que Liquidation Marie absorbe les coûts de transport, avance en entrevue Sylvain Charlebois, professeur spécialisé en politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie. J’ai l’impression que les prix vont inclure les coûts de transport, ou qu’il y aura des frais supplémentaires pour offrir ce service-là. »
Cela dit, « il faut comprendre que les rabais sont tellement substantiels chez Liquidation Marie que les gens vont probablement se dire que ça vaut la peine » malgré tout. Il s’attend ainsi à voir des prix « très agressifs pour inciter les gens à acheter en ligne même s’ils ont à assumer des frais de transport », le cas échéant.
Victime de sa popularité
Au moment où la livraison de l’épicerie à domicile se démocratise, le professeur note qu’« il n’y a pas beaucoup d’épiciers qui font de l’argent à vendre en ligne ». Il précise que « de tous les produits alimentaires vendus au Canada, [à peine] 3 % à 4 % sont vendus en ligne ».
« On veut peut-être aller chercher une clientèle qui n’a pas de voiture ou qui ne veut pas s’acharner avec le stationnement », mentionne M. Charlebois. Il rappelle que la question du stationnement a déjà causé des problèmes aux clients de la bannière. C’est notamment le cas à Longueuil, où différents médias ont fait état d’un certain chaos à proximité du magasin situé sur le chemin de Chambly, en raison du manque de places de stationnement.
L’expert explique que l’épicerie « est en train de privatiser, dans le fond, le sauvetage alimentaire », en vendant certains produits bientôt périmés qui se seraient autrement retrouvés dans des banques alimentaires. « On reconnaît qu’il y a une valeur marchande à ces produits-là. »
Et ce faisant, Liquidation Marie démontre qu’il est possible de démarrer une chaîne d’épicerie au Canada, malgré l’oligopole en place, note M. Charlebois.


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