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Pour faire face à une baisse des revenus de la province, à l’issue du budget 2026 de la Colombie-Britannique qui présente un déficit de 13,3 milliards de dollars, la ministre des Finances mise sur un accroissement des recettes provenant du secteur des ressources naturelles, notamment des filières minières et gazières. Mais l’environnement en pâtit, disent des groupes.
En se fiant à l’industrie du gaz naturel liquéfié, le gouvernement fait une erreur, croit Tom Green, analyste des stratégies sur le climat à la Fondation David Suzuki.
« Le gouvernement se dit qu'il va avoir beaucoup de revenus du gaz naturel liquéfié, mais ce qu'on voit à l'échelle mondiale, c'est qu'il y a beaucoup trop de terminaux d'exportation de GNL, et donc, le marché est en surplus », croit-il.

La Colombie-Britannique mise sur plusieurs nouveaux projets de gaz naturel liquéfié pour augmenter ses revenus, des projets comme ceux de LNG Canada à Kitimat.
Photo : La Presse canadienne / ETHAN CAIRNS
La province espère récolter 1,2 milliard de dollars lors de la prochaine année fiscale en redevances de gaz naturel liquéfié.
Le budget « cache » le vrai coût des changements climatiques
Selon le groupe Wilderness Committee, le vrai coût des changements climatiques n’est pas reflété adéquatement dans le budget actuel.
Torrance Coste, directeur de campagne nationale pour Wilderness Committee, déplore que les budgets de plusieurs ministères associés à l’environnement aient observé une baisse de financement.
En cas d’urgence, comme des inondations ou des feux de forêt, les sommes nécessaires proviennent du fonds de contingence (ou d’urgence) pour bonifier ces postes budgétaires, ce que M. Coste ne voit pas d'un bon oeil.
Le budget pour la lutte contre les feux de forêt, par exemple, est sous la responsabilité du ministère des Forêts, mais il provient de deux sources : le ministère des Forêts et le fonds d’urgence — un fonds qui cumule 5 milliards au total cette année.
Sur 891 millions alloués au ministère des Forêts dans le budget 2025, 238 millions étaient prévus pour la lutte contre les feux de forêt. Or, l’an dernier, la prévision mise à jour montre que les coûts de gestion des feux ont atteint 665 millions de dollars, bien au-dessus du budget de base, ce qui nécessitait d'aller puiser dans le fonds d'urgence.
Ne pas inclure les prévisions réelles est frustrant , soutient M. Coste.
À notre avis, [le gouvernement] agit ainsi parce qu'une comptabilisation adéquate du coût du changement climatique démontrerait que de continuer à augmenter l'exploitation des combustibles fossiles et à en faire aussi peu que nous le faisons pour lutter contre le dérèglement climatique est une erreur, non seulement d'un point de vue éthique, mais aussi d'un point de vue financier.
Le budget reconnaît que les coûts associés aux catastrophes naturelles posent un risque financier pour la Colombie-Britannique.
Craintes et satisfaction dans le milieu municipal
Les catastrophes climatiques qui se sont abattues sur la Colombie-Britannique depuis les dernières années, comme les feux de forêt et les inondations, continuent de creuser le budget.
À Ashcroft, municipalité qui a été frappée durement par des feux de forêt en 2017, 2021, 2023 et 2024, la mairesse Barbara Roden rappelle que ces incendies deviennent beaucoup plus fréquents et plus intenses.
Elle s’inquiète de l’incertitude autour du programme FireSmart, une initiative conçue pour aider les résidents et les municipalités à réduire les risques liés aux feux de forêt.
Le gouvernement a investi 15 millions de dollars de nouveau fonds pour l’année 2025/2026 dans ce programme, mais il n’est pas certain qu'il sera reconduit.
Ce sont les communautés comme Ashcroft, Clinton, Barriere et Clearwater, qui se trouvent en première ligne, qui ont réellement besoin que ce projet se poursuive, soutient-elle.
« Retirer ces fonds, ou forcer les municipalités à tenter de maintenir le programme FireSmart par leurs propres moyens va nous rendre encore plus vulnérables aux incendies. »
Pour sa part, Ed Coleman, maire du district de Wells, estime que le budget est satisfaisant. Ce qui l’inquiète, c’est le défi de synchroniser les financements provinciaux et fédéraux.
Mme Roden, elle, n'est toutefois pas rassurée : « ce qui m'inquiète, c'est que, comme il est difficile et coûteux de s'attaquer au changement climatique et aux pressions environnementales, je crains que ces enjeux ne soient mis de côté ».
Elle craint que la province privilégie des mesures plus concrètes, dont l'impact est mesurable et se fait sentir immédiatement.


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