Il y a quelques mois Google annonçait des chiffres très encourageants au niveau de la consommation de l’IA en eau et en énergie. Cependant, un chercheur néerlandais a passé en revue ces estimations avant de réaliser sa propre analyse. Selon l’intéressé, le géant étasunien s’est lourdement trompé.
Une contre-analyse cinglante
Le 22 aout 2025, le géant Google a publié une étude dans laquelle figure la consommation de l’IA Gemini nécessaire pour répondre à un « prompt ». L’opération nécessiterait 0,26 millilitre (ml) d’eau – soit cinq gouttes – et environ 0,24 wattheure (Wh) d’électricité. Par ailleurs, cette même opération générerait environ 0,03 gramme d’équivalent dioxyde de carbone (CO2). Par le biais de ce calcul, Google désirait démontrer que l’utilisation de l’intelligence artificielle ne consomme pas beaucoup d’énergie et d’eau.
Seulement voila, les choses ne sont pas aussi simples. Digiconomiste et membre de l’Institut d’études environnementales de l’Université Vrije d’Amsterdam (Pays-Bas), Alex de Vries-Gao a repris les calculs de Google. L’intéressé, ayant déjà fait parlé de lui par le passé concernant la consommation de l’IA mais aussi des cryptomonnaies, a obtenu des résultats bien différents. Ses conclusions sont disponibles dans un article de la revue Patterns le 17 décembre 2025.
Le chercheur dit avoir basé son analyse sur les indicateurs que les sociétés expertes en IA doivent fournir dans leurs rapports environnementaux. Or, les résultats indiquent qu’en 2025, l’ensemble des systèmes d’IA auraient généré une empreinte carbone se situant entre 32,6 et 79,7 millions de tonnes de CO2, soit similaire aux émissions de la ville de New York. Quant à la consommation en eau, celle-ci a été estimée entre 312,5 et 764,6 milliards de litres, une quantité proche de celle correspondant à la consommation annuelle d’eau en bouteille.
Crédit : Oselote / iStock
Google trop optimiste sur la faible consommation de l’IA ?
Evidemment, les échelles sont très différentes puisque d’un coté, il est question de la consommation en eau et en énergie d’une requête avec l’IA Gemini et de l’autre, le même type consommation concernant toutefois l’ensemble des systèmes d’IA sur une année. Cependant, Alex de Vries-Gao est formel : les estimations de Google sont largement trop optimistes. Le chercheur affirme que les estimations du géant étasunien incluaient seulement l’eau que les centres de données utilisent pour leurs systèmes de refroidissement. Seulement, il s’avère que la majeure partie de la consommation en eau de l’IA est indirecte, se situant principalement au niveau des nouvelles centrales nucléaires et à gaz servant à la production d’électricité.
Quand bien même cette nouvelle analyse semble s’approcher davantage de l’empreinte environnementale réelle de l’intelligence artificielle, l’auteur n’a pas hésité à nuancer ses propres résultats. Alex de Vries-Gao a indiqué que les données qu’il a utilisé sont celles mises à disposition publiquement par les sociétés et que celles-ci manqueraient de précision. L’intéressé a donc conseillé aux autorités de demander davantage d’informations à ces firmes.
Par ailleurs, cette requête va à contre sens d’un événement récent qui s’est déroulé en Europe. La Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne ont scellé un accord permettant à la plupart des sociétés européennes d’alléger leurs rapports environnementaux. Cet accord concerne Omnibus, un ensemble de propositions législatives récentes visant à simplifier et alléger la réglementation européenne, notamment dans le domaine de la durabilité.


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