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Le nouveau maire de Vancouver, Pete Fry, et le nouveau conseil municipal progressiste redonnent espoir au milieu artistique. Confrontés à des défis financiers qu'ils dénoncent depuis des années, les acteurs culturels saluent le passé artistique de l'élu et de ses promesses électorales, tout en attendant des actions concrètes.
Avant qu’il ne décide de se lancer en politique, Pete Fry était connu pour avoir été Pete DigiBoy, un graphiste connu de la scène musicale alternative vancouvéroise des années 1990 et 2000.
Il avait une imprimerie Digiboy sur la rue East Hastings et il concevait notamment des couvertures du magazine alternatif Terminal City et des affiches pour des concerts de punk vancouvérois.
C’est dans ce contexte, que Stephen Hamm, musicien et ancien guitariste notamment du groupe Slow, l’a rencontré pour la première fois.
Il y avait un groupe dans lequel je jouais, qui s’appelait Flash Bastard, et c’est Pete Fry qui faisait toutes les pochettes d’albums pour ce groupe, explique le musicien.
Il est dans le milieu depuis longtemps. C’est un gars de Vancouver, comme moi, donc je suis ravi.

Stephen Hamm a été membre de plusieurs groupes punk de Vancouver. (Photo d'archives)
Photo : Fournie par Stephen Hamm
Un milieu familial rassurant
En plus de son passé de créateur, le milieu familial de Pete Fry semble aussi rassurer une partie de la communauté culturelle vancouvéroise.
Sa mère, Hedy Fry, est la femme députée ayant siégé le plus longtemps à la Chambre des communes, représentant la circonscription de Vancouver Centre depuis 1993.
Figure politique du Parti libéral, elle a exercé une influence sur le monde culturel canadien tout au long de sa carrière politique à travers ses rôles ministériels et parlementaires. Elle a notamment chapeauté le rapport sur la relance des secteurs des arts, de la culture, du patrimoine et du sport pendant la pandémie.
Selon Pierre Rivard, directeur général du Centre culturel francophone de Vancouver, le parcours d’Hedy Fry est aussi un aspect encourageant pour le secteur culturel local.
Il y a peut-être quelque chose dans la famille où l'on sent qu'il y a une sensibilité qui est plus positive, plus favorable, une meilleure compréhension de ce qu'apportent les arts et la culture, explique le directeur.

Pete Fry, candidat du Parti vert vainqueur à la mairie de Vancouver, embrasse sa mère, Hedy Fry, lors de la soirée électorale municipale à Vancouver, le samedi 17 octobre 2026. (Image d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Ethan Cairns
Des promesses encourageantes
L'engagement de Pete Fry ne se limite toutefois pas à son passé de créateur.
Au cours des quatre dernières années, alors qu'il siégeait comme conseiller municipal, il a agi à titre d'agent de liaison pour le Comité consultatif des arts et de la culture de la Ville (ACAC).
Selon Ashley Foot, coprésident de ce comité, le financement des organismes artistiques repose sur trois piliers : la vente de billets, les donateurs privés et l'aide gouvernementale. Le soutien municipal est donc vital.
Avec ce changement de garde, le comité espère avoir l'occasion de reprendre certaines de nos motions pour s'assurer que le soutien parvienne aux artistes qui en ont besoin.
Les attentes du milieu sont d'autant plus grandes que le Parti vert de Pete Fry a fait campagne en s'engageant à soutenir financièrement le secteur des arts et de la culture, notamment avec la création d’un fonds dédié aux festivals, financé par la Ville.
Une telle subvention fait écho à celle du programme de financement voué aux foires, aux festivals et aux événements de la Colombie-Britannique que la province a décidé d’arrêter.
Ce fonds provincial était indispensable pour permettre au festival de souffler un peu et de faire face à l'augmentation des coûts, souligne Pierre Rivard.
Or, si la Ville de Vancouver en établit un elle-même, ce serait un signe très positif. Ce serait un geste très concret pour venir en aide aux différents festivals qui existent dans la ville de Vancouver.
En plus des verts, le parti COPE, dont quatre de ces membres vont siéger au conseil municipal, a entre autres également promis de soutenir financièrement le secteur culturel.

Missy D lors du Festival d'été francophone de Vancouver 2022. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Lyne Barnabé
Un secteur optimiste, mais prudent
Fait rare en politique municipale, ce nouveau conseil municipal compte deux artistes professionnels parmi ses 10 membres : la candidate du Parti vert, Annette Reilly, actrice et productrice, ainsi que Sean Orr, musicien élu sous la bannière COPE.
Ça change tout, parce que ce n'est pas souvent qu'on a des artistes qui sont élus dans un gouvernement qu'il soit municipal, provincial, fédéral. Il y a rarement des artistes autour de la table qui connaissent bien la réalité du milieu et qui peuvent en parler.
Malgré cet accueil favorable, la prudence reste de mise, car le nouveau maire et son équipe devront rapidement confronter leurs promesses à la réalité économique.
Il y a toujours la réalité qui rattrape les gens. On n'est pas dans un contexte économique facile en ce moment au Canada.. Ces promesses doivent être financées. Financées comment? Les taxes foncières, il y a toujours quand même une certaine limite à ce qu'on peut imposer, souligne Pierre Rivard.


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