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Le gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni a perdu le référendum qu'il avait organisé sur la réforme constitutionnelle de la magistrature, et c'est une bonne nouvelle. Les Italiennes et Italiens qui se sont déplacés pour voter dimanche et lundi ont rejeté à 54 % le projet abscons de la coalition d'extrême droite et de droite. Celui-ci établissait une séparation nette entre les carrières de juges et de procureurs, et revoyait le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. Sous couvert de rendre la justice italienne plus efficace – une vraie nécessité –, le gouvernement avait en fait élaboré un plan peu compréhensible, qui aurait eu pour effet de saper l'indépendance du pouvoir judiciaire en plaçant les juges sous le contrôle de l'exécutif.
À la pédagogie, bienvenue pour justifier le besoin de mener cette réforme, le pouvoir avait privilégié la stigmatisation des "juges rouges" – une vieille antienne de feu l'ancien Premier ministre Berlusconi, casier judiciaire ambulant. L'exécutif actuel pestait en particulier contre l'opposition de la justice à diverses mesures de politique migratoire, dont "l'externalisation" du traitement des demandes d'asile en Albanie. Giorgia Meloni promettait par ailleurs que le pays serait frappé des dix plaies d'Égypte si le "non" l'emportait, prétendant que les rues de la Péninsule seraient alors envahies par "les violeurs, les pédophiles et les vendeurs de drogue", faute d'avoir réformé la magistrature.
Italie : le "non" au référendum sur la réforme de la magistrature est un le premier coup d'arrêt pour Giorgia MeloniLes Italiens n'ont pas mordu à cet hameçon grossier et ont refusé de donner à l'exécutif la possibilité de mettre la magistrature à sa botte. Les plus jeunes, ceux de la Génération Z, qui n'ont pas encore atteint 30 ans, se sont en particulier mobilisés contre la réforme.
Peut-être la proximité de Giorgia Meloni avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président américain Donald Trump a-t-elle servi d'avertissement. La mise au pas de la justice, observée en Hongrie et souhaitée par l'administration américaine, est en effet un des premiers marqueurs d'une dérive d'un pouvoir démocratiquement élu vers l'autoritarisme. Il ne faut pas attendre qu'un exécutif attaque le judiciaire aussi frontalement qu'en Hongrie, en Italie, en Pologne hier, ou aux États-Unis, pour tirer sur le signal d'alarme. Qu'en Belgique, un membre du gouvernement fasse fait fi d'une décision de justice, comme la ministre chargée de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), récemment, devrait déjà être un motif suffisant d'inquiétude, et d'action.
Giorgia Meloni veut faire du référendum constitutionnel sur la magistrature un plébiscite sur sa personnePour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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