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Alors que Tadoussac célébrait la fermeture de sa saison maritime lors de la traditionnelle rentrée des navires dans la cale sèche, lundi après-midi, la Municipalité et les usagers de la marina s’inquiètent de la dégradation de l’infrastructure vieille de plus de 90 ans.
Chaque automne, la manœuvre donne lieu à une véritable fête populaire, cette fois animée par de la musique et une vente de hot-dogs au profit de l'école locale. Pour Tadoussac, c’est tout un événement, confirme le maire de la Municipalité, Claude Brassard.

Le maire de Tadoussac, Claude Brassard (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nazdar Roy
Fonctionnant au rythme des grandes marées, cette installation construite en 1932 est l'une des seules au Québec à permettre aux navires de venir s'installer sur leurs bers grâce au seul mouvement des eaux. Mais derrière les festivités, l'inquiétude grandit quant à la pérennité du site.
Une question de sécurité
Le problème réside dans l'usure avancée des portes de bois, qui n'ont pas été remplacées depuis 30 à 40 ans, explique le maire.
Il ne faudrait pas que les portes défoncent à grande marée. Ça pourrait avoir une grande incidence sur nos infrastructures, dit-il. Au bout de la cale sèche, du côté est, se trouve une rue, et la sécurité publique nous a avertis qu'une avarie à cet endroit pourrait la mettre en péril.

Manœuvre délicate, un voilier s'engage dans l'écluse de la cale sèche de Tadoussac.
Photo : gracieuseté d'Éric Cyr
Au-delà de l'enjeu de sécurité, la cale sèche fait aussi partie de l'identité du village. Pour Éric Cyr, propriétaire d'un voilier et président du conseil d'administration du Carrefour maritime de Tadoussac, sa perte aurait des répercussions majeures.
L'organisme à but non lucratif priorise l'accès aux installations pour les résidents de la Haute-Côte-Nord afin d'y encourager le nautisme local. Or, beaucoup de ces plaisanciers venant aussi d'ailleurs dépendent de l’infrastructure.
Il y a beaucoup de retraités qui décident de s'acheter un petit bateau à voile à Tadoussac. Ce n’est pas le genre de bateau que tu peux mettre sur une remorque, puis monter chez vous, fait-il valoir.

Éric Cyr affirme que la cale sèche de Tadoussac fait partie intégrante de l'identité du village.
Photo : gracieuseté d'Éric Cyr
Si la cale sèche n'existe pas, ces gens-là n’ont plus de bateau.
Plus de 1 M$ en réparations
Or, la réfection d’une telle infrastructure ne se fait pas en claquant des doigts. Les portes ne nous appartiennent pas. Le fond de terrain ne nous appartient pas non plus, clarifie le maire Brassard.
Le terrain appartient en réalité au ministère des Ressources naturelles et des Forêts. La Municipalité occupe donc le terrain en location. Les portes, elles, appartiendraient plutôt au ministère de l’Éducation, à la grande surprise de l’élu.

La rentrée dans la cale sèche est un événement festif pour les gens du village.
Photo : gracieuseté d'Éric Cyr
C'est assez spécial. Même eux ont été surpris de la chose, admet-il. Alors c'est sûr qu'on n'a pas l'argent pour les réparer, parce que ça coûterait au-dessus d’un million de dollars.
Le conseil municipal fait de ce dossier l'une de ses priorités stratégiques et accentue la pression sur le gouvernement provincial depuis quelques années. Avec l'installation imminente du prochain gouvernement provincial, le maire entend réactiver rapidement les négociations afin de débloquer le financement requis pour assurer la pérennité de ce qu’il qualifie comme un patrimoine maritime vivant.


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