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L'auteur de Partir, Lettres de Pit Bellenumeur, Fernand Bellehumeur, s'est éteint cette semaine à l'âge de 94 ans.
Né à Latulipe au Témiscamingue en décembre 1931, il a évolué comme aumônier et enseignant. Il a ensuite quitté son ministère religieux, s’est marié et a multiplié ses implications communautaires et culturelles. Il a aussi été un pionnier de la création de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.
La comédienne Odette Caron l'a bien connu, notamment avec le Théâtre du Tandem, qui avait mis en scène les écrits de son grand-père Pit Bellehumeur. Elle décrit cet homme unique et singulier comme un médiateur, un ambassadeur régional qui se voulait aussi une source d’inspiration.
Fernand était une figure rassurante, c’était comme un guide. Il avait une opinion d’ensemble, tant sur la culture et l’économie. Pour la région, il était une sorte de mentor.

Odette Caron (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu
« Un libre penseur »
Homme d’église jusqu’à ce qu’il quitte les rangs de sa congrégation, Fernand Bellehumeur avait une profonde vocation pour les gens et le bien commun.
Il était un libre penseur. C'est peut-être ce qui lui a fait remettre en question les cadres très rigoureux dans lesquels les gens d'église étaient pris un peu malgré eux. Je pense qu'il a fini par défroquer aussi parce qu'il a rencontré celle qui est devenue sa femme. Il a eu un chemin pas très courant comme personne, raconte l’artiste Ariane Ouellet, avec qui M. Bellehumeur a fondé les Éditions du Quartz.
Fernand Bellehumeur, de par ses multiples implications, a croisé le parcours d’Ariane Ouellet à de nombreuses reprises.

Ariane Ouellet (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Martin Guindon
C’est quelqu’un qui m’a suivie un peu toute ma vie à travers des gens qu'il côtoyait : les Margot et Guy Lemire, Denis Chabot, Denis Cloutier, de grands bâtisseurs qui m’intimidaient beaucoup et qui ont su développer la fierté régionale. Il avait une manière très particulière de vouloir occuper le territoire autant physiquement que culturellement et dans la mise en valeur des villages pour en faire notre identité, partage Ariane Ouellet.
« Un homme de convictions »
Guy Leclerc souligne également que Fernand Bellehumeur avait pris part à la création de la Coop alimentaire, au Conseil régional de développement et au mouvement d’aide au développement rural. Il s’était aussi impliqué au conseil d’administration du CLSC et siégeait également comme commissaire aux libérations conditionnelles.
« Fernand a été un environnementaliste avant que le terme devienne connu. C’était un homme de convictions, d’une grande diplomatie et d’une grande rigueur. Je me rappelle aussi de Fernand comme d'un conciliateur. Ça va me faire quelque chose de parler de Fernand au passé », a réagi Guy Leclerc, qui le côtoyait depuis les années 1980.

Guy Leclerc (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Emily Blais
La Chambre de commerce de d’industrie de Rouyn-Noranda avait d’ailleurs souligné son apport à la communauté. C’est quelqu'un qui a beaucoup travaillé pour le bien commun dans notre région, ajoute Guy Leclerc.
Ce personnage atypique aura su faire sa marque en laissant plusieurs oeuvres derrière lui, mais en ayant aussi touché bien des gens.
C’est quelqu’un que j’ai beaucoup admiré, une espèce de force vive incroyable, un créatif dépareillé!, mentionne Ariane Ouellet en rigolant. Je ne sais pas comment je pourrais résumer Fernand Bellehumeur, sinon comme un être d’exception.


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