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Les autorités craignent la propagation du virus de la grippe aviaire H5N1 au sein des colonies de ces oiseaux sauvages
Par Sarafina Spautz avec AFP
C’est la plus grande campagne de vaccination pour oiseaux sauvages. L’Australie a lancé la semaine dernière une opération inédite de vaccination de ses milliers de manchots pygmées, espèce sauvage appréciée des touristes mais menacée par l’arrivée récente de la grippe aviaire H5N1 dans le pays, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
Au plumage bleuté, ces volatiles hauts d’une quarantaine de centimètres attirent les foules : des centaines de milliers de touristes se massent chaque année pour admirer les manchots pygmées se dandiner, le soir venu, sur le rivage de l’île de Phillip, au large de la côte est de l’Australie.
Cette colonie, la plus importante de manchots pygmées au monde, compte jusqu’à 40 000 oiseaux marins au plus fort de la saison de reproduction, au printemps et en été de l’hémisphère sud.
Ces oiseaux, qui ont une espérance de vie d’environ six ans, vivent dans le sud de l’Australie, principalement en Tasmanie, ainsi qu’en Nouvelle-Zélande. Ce sont les plus petits oiseaux marins semi-aquatiques : ils atteignent à peine la hauteur du genou et pèsent à peu près le poids d’un paquet de sucre.
Mais ils sont à présent menacés par le virus H5N1, détecté sur le continent australien pour la première fois en juin et qui a commencé à se répandre chez les oiseaux sauvages. Le virus a été détecté en août sur un manchot pygmée mort de l’île de Phillip, premier cas dans la colonie de la souche de grippe aviaire hautement pathogène qui a décimé de nombreuses populations d’oiseaux dans le monde.
« Une situation quelque peu urgente »
En réponse, des équipes de protection de la faune ont commencé à vacciner les oiseaux de la colonie cette semaine, a déclaré James Todd, directeur de la biodiversité pour l’État de Victoria, où se trouve l’île. « C’est sans précédent. Il n’y a jamais eu de vaccination d’une telle ampleur dans une population sauvage nulle part dans le monde », a-t-il souligné.
Le programme de vaccination contre le virus H5N1, qui couvre également une colonie de manchots pygmées de la plage de St Kilda, en périphérie de Melbourne, constitue un défi, a-t-il reconnu. « Tenter de vacciner des populations sauvages est presque impossible, notamment parce qu’il faut deux doses de vaccin », a déclaré James Todd à l’AFP. Mais les spécialistes connaissent très bien les terriers des petits manchots à Phillip Island et à St Kilda, a-t-il ajouté.
Les équipes de vaccination vont aller chercher les manchots dans leurs terriers et peuvent également essayer d’en regrouper certains lorsqu’ils arrivent sur la plage. Elles utilisent des micropuces pour suivre ceux qui ont déjà reçu une injection.
Idéalement, le vaccin contre le H5N1 doit être administré en deux doses espacées de trois à quatre semaines, note James Todd. Mais « étant donné que nous sommes dans une situation quelque peu urgente, des experts ont indiqué qu’il est acceptable d’envisager un intervalle d’une à deux semaines ».
Ces oiseaux sont de leur côté habitués à la présence des touristes, ainsi qu’à être manipulés périodiquement par des vétérinaires. Les équipes de vaccination prévoient d’inoculer quelque 5 000 manchots pygmées dans le cadre d’un programme devant durer plusieurs semaines ou mois.


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