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La police allemande traque dimanche un homme de 21 ans, soupçonné d’avoir foncé à bord d’un véhicule sur la Marche des fiertés LGBT+ la veille au soir, faisant au moins un mort et vingt-neuf blessés.
« Tout indique » que l’attaque en marge de la Marche des fiertés LGBT+ de Berlin, qui a fait au moins un mort, samedi 25 juillet, était « un attentat terroriste islamiste », a affirmé, dimanche, le ministre de l’intérieur allemand, Alexander Dobrindt, revoyant à la hausse le nombre de blessés, vingt-neuf, et donnant le nom complet du suspect en fuite, Abdul Ballout.
Selon les sites du magazine Der Spiegel et du quotidien Bild, le suspect avait tenté de rejoindre l’organisation Etat islamique en Syrie en 2025 mais avait été arrêté au Liban. Il avait été renvoyé en Allemagne, où il avait été condamné en 2026, dans un autre dossier, pour « préparation d’un acte de violence grave mettant en danger la sécurité de l’Etat ».
La police allemande a lancé, dimanche matin, un avis de recherche pour un homme de 21 ans. La police a dit rechercher « une personne ou plus » ayant abandonné le véhicule « de type minivan ou petit SUV », complètement déformé après l’impact, dans le parc Tiergarten, un secteur boisé de la capitale où se termine le défilé de la marche. Le lieu de l’impact se trouvait toutefois à plusieurs centaines de mètres du cœur des festivités, situé devant la célèbre porte de Brandebourg, où des concerts se sont tenus depuis vendredi.
Des effectifs « très importants » comprenant des policiers de plusieurs autres régions allemandes venus en renfort ont été déployés, ainsi que des hélicoptères dotés de caméras à détection de chaleur, a déclaré le porte-parole de la police, Florian Nath. Depuis samedi matin, plus de 2 200 policiers, selon lui, étaient mobilisés pour sécuriser la marche des fiertés, appelée Christopher Street Day (CSD) en Allemagne, qui rassemble chaque année des centaines de milliers de personnes dans la capitale allemande.
Une « attaque contre notre société libre et ouverte »
La fin des festivités, mêlant concerts et stands de fête foraine, a été annulée, les organisateurs demandant aux participants de rentrer chez eux. Les faits se sont produits alors qu’une grande partie des participants avaient déjà quitté le secteur.
Le maire de Berlin, Kai Wegner, a évoqué une « attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde ». « Le rassemblement pour un Berlin tolérant et pacifique a été pris pour cible de la manière la plus brutale qui soit », a estimé l’élu conservateur. Le chancelier, Friedrich Merz, a évoqué un « acte abominable », selon un porte-parole du gouvernement.
Emmanuel Macron a exprimé, dimanche, sur X, son « émotion » et sa « solidarité » après cette attaque qu’il a qualifiée d’« odieuse ». « Face à la haine et à la violence, notre réponse sera toujours l’unité, la liberté et la fermeté », a ajouté le chef de l’Etat français.
Le drame s’est produit à deux mois des élections à Berlin, à la fois ville et région, pour lesquelles le maire, Kai Wegner, a renoncé à se représenter. Les sondages donnent la CDU du chancelier Merz au coude-à-coude avec l’extrême droite et la gauche radicale.
En février 2025, à l’avant-veille des élections législatives, un touriste espagnol avait été poignardé au Mémorial de l’Holocauste situé tout près de là. Un jeune ressortissant syrien a été condamné, en mars, à treize ans de prison pour cette attaque à motivation djihadiste.
A l’extrémité sud du Tiergarten, en décembre 2016, un homme de nationalité tunisienne avait tué 12 personnes en fonçant à bord d’un camion sur un marché de Noël, là aussi une attaque à motivation djihadiste. Pour une autre attaque à la voiture-bélier commise contre un marché de Noël, celui de Magdebourg (Est), qui avait fait six morts et plus de 300 blessés à la fin de 2024, un psychiatre saoudien a été condamné à la prison à vie à la fin de juin.
Le Monde avec AFP


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