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Le ministre de l’Éducation en Ontario, Paul Calandra, a présenté lundi les grandes lignes d’une réforme des conseils scolaires de la province, anglophones comme francophones. L’annonce suscite des « grandes inquiétudes » chez les membres de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO).
Le ministère propose entre autres de réduire le nombre de conseillers scolaires élus dans les services anglophones, d’imposer l’usage de ressources d’apprentissages choisies par le ministère et de créer des examens finaux à l’échelle provinciale.
« On n’a pas du tout été consultés », déplore Gabrielle Lemieux, présidente de l’AEFO. Selon elle, ce genre de réforme devrait d’abord passer par une phase de consultation avec différentes associations, dont l’AEFO.
En entrevue avec Le Devoir, Mme Lemieux se dit soulagée de voir que les conseils scolaires francophones sont exclus des nouvelles dispositions sur les conseillers scolaires. Elle s’inquiète néanmoins de leurs effets sur leurs confrères anglophones, anticipant surtout la création d’un système d’éducation à deux vitesses. « Comme chez vous au Québec », a-t-elle ajouté.
C’est pour ne pas s’engager dans une « bataille constitutionnelle » que Paul Calandra a affirmé qu’il n’allait pas toucher au droit de gestions des Francophones. Aussi, dit-il, parce que les écoles francophones « fonctionnent mieux » que les autres écoles de la province.
Apprentissages approuvés
Certaines dispositions de la réforme s’appliqueraient tout de même aux francophones. Si la Loi est adoptée par le gouvernement majoritaire de Doug Ford, les enseignants, francophones comme anglophones, devront utiliser des « ressources d’apprentissage approuvées » dès la rentrée scolaire 2026-2027, dont des plans de leçons, du matériel pour les élèves, des outils pour l’évaluation, des guides pour le personnel enseignant et des outils d’apprentissage interactifs numériques (jeux, vidéos, présentations et audios).
« J’ai de grandes inquiétudes », admet Mme Lemieux. « Comment ces ressources vont-elles être créées ? », se questionne-t-elle, craignant que les Francophones obtiennent des ressources traduites de l’anglais, plutôt que créées spécifiquement pour eux.
Les enseignants pourront tout de même ajouter des ressources supplémentaires selon les besoins de leurs élèves, a détaillé en conférence de presse le ministre.
De mesures positives
Dans son plan, Paul Calandra propose aussi de mettre en place un programme condensé de baccalauréat en éducation. Ce nouveau programme serait d’une durée de 12 mois et permettrait aux futurs enseignants « d’entrer plus rapidement en classe », indique le ministère. Cette disposition a reçu un accueil chaleureux de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), qui représente tous les conseils scolaires publics de langue française de la province.
« Cette décision représente une avancée attendue et nécessaire pour faire face à la pénurie de personnel enseignant qualifié, qui touche de façon particulière les écoles de langue française », détaille l’association. Pour ce qui est des autres mesures annoncées, l’ACÉPO préfère « avoir toutes les informations avant de se prononcer ». Elle procédera à l’analyse du projet de loi dans les prochains jours, a-t-elle indiqué par courriel.
L’an dernier, le ministre a placé sous tutelle sept conseils scolaires anglophones et catholiques qui présentaient des difficultés financières majeures. Le ministère jugeait à l’époque que ceux-ci n’agissaient plus dans le meilleur intérêt des parents et des élèves. Ces conseils scolaires demeureront sous le contrôle du ministère jusqu’à nouvel ordre, a réitéré lundi le ministre devant les journalistes.
Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.


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