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Après le Sénat, l’Assemblée nationale annonce le lancement d’une enquête sur les violences en marge du 17 octobre, et le dispositif de maintien de l’ordre déployé par le gouvernement.

GAUTHIER BEDRIGNANS / Hans Lucas via AFP
L’Assemblée nationale valide la création d’une commission d’enquête sur les violences urbaines (image d’illustration).
Ils veulent comprendre. Les groupes politiques de l’Assemblée nationale se sont accordés ce mardi 20 octobre sur l’opportunité de lancer une commission d’enquête sur les violences en marge des manifestations du week-end en France, principalement le 17 octobre, mais aussi sur le dispositif de maintien de l’ordre déployé et largement critiqué.
La création d’une telle instance avait été proposée par la présidente de la chambre basse du Parlement Yaël Braun-Pivet dimanche. Mardi, la conférence des présidents, réunissant notamment les chefs de groupe, a opté pour que la commission des lois lance une procédure pour se transformer en commission d’enquête sur ce sujet.
Dimanche, la titulaire du perchoir avait annoncé que cette procédure servirait à « faire la lumière sur ces débordements, les méthodes des groupuscules violents », mais aussi « la stratégie de maintien de l’ordre » et ses « éventuels dysfonctionnements ».
Le Sénat va lui aussi enquêter
Les pouvoirs d’une commission d’enquête comprennent notamment des convocations avec obligation pour la personne de l’honorer, des pouvoirs d’investigation pour obtenir des documents, et la possibilité de conduire des auditions sous serment. Une procédure qui pourrait également voir le jour au Sénat.
La commission des Lois de la haute assemblée a effectivement annoncé lundi le lancement de sa propre mission d’information sur les violences, espérant faire la lumière sur les « dysfonctionnements dans l’anticipation et la préparation du dispositif de maintien de l’ordre ». La commission entend précisément « enquêter » afin d’établir « la chaîne des événements » et « déterminer les responsabilités administratives, institutionnelles, juridiques et politiques des événements survenus au cours de ces deux jours. »
La mission sénatoriale, proposée par la présidente Les Républicains de la commission des Lois Muriel Jourda, et soutenue par l’ensemble des forces au Palais du Luxembourg, pourra si besoin demander à bénéficier des pouvoirs dévolus aux commissions d’enquête.
De quoi donner des sueurs froides au gouvernement, à l’heure où il est ciblé de toutes parts pour sa gestion du chaos, y compris dans son propre camp. Samedi, des milliers de commerces ont été saccagés, comme plusieurs lieux de pouvoir, tandis qu’un millier de policiers et gendarmes étaient blessés dans les rues. Le tout, dans une impunité totale, ou presque, en témoignent les images qui s’étalent jusque dans la presse internationale.
Aucun bilan n’a été donné par les autorités concernant les manifestants, mais au moins deux blessés graves ont été relevés selon les médias locaux : tous deux mineurs, un jeune homme a eu la main arrachée à Saint-Étienne, et une jeune fille a perdu un œil, à Mulhouse. Reconnaissant un échec, le ministre de l’Intérieur a remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée. Laurent Nuñez est désormais attendu au Parlement.


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