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Du changement ou la continuité? Le président sortant de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Fabien Hébert, fait face à deux opposants, soit Mélina Leroux, directrice générale de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), et Abel Maxwell, artiste, entrepreneur et récipiendaire de l'Ordre de la Pléiade.
Le congrès annuel de l'AFO commence mercredi soir à Richmond Hill, en banlieue de Toronto. Les membres choisiront leur nouveau président samedi.
Radio-Canada a organisé un débat des candidats mercredi matin.
Pourquoi vous présentez-vous?
Ma motivation est simple, je veux porter ce projet-là à bien, affirme M. Hébert pour expliquer sa décision de solliciter un autre mandat, son objectif étant de créer un plan d'action communautaire, à partir du livre blanc publié par l'AFO en septembre.

Fabien Hébert sollicite un autre mandat à la tête de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Chris St-Pierre
Mélina Leroux soutient, elle, qu'elle veut motiver la communauté avec un petit peu de changement.
Abel Maxwell souhaite, pour sa part, transformer cette énergie extraordinaire [de la communauté] en actions concrètes.
Comment représenter tous les Franco-Ontariens?
Il y a plusieurs francophones qui arrivent en Ontario le cœur vaillant, plein d'espoir, et les diplômes ne sont pas reconnus, se désole M. Maxwell, d'origine sénégalaise.
Du coup, les familles se découragent et ils partent en anglophonie, ajoute-t-il.
Pour lui, la reconnaissance des diplômes devrait être une priorité. Il faut travailler sur cette reconnaissance avec les institutions, les collèges, les universités pour les insérer rapidement dans le système, dit-il. Nous avons les solutions devant nous, et je me propose de travailler pour ça.

Mélina Leroux, directrice générale de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), veut du « changement » à l'AFO. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Simon Deschamps
Mélina Leroux dit vouloir mieux écouter les francophones des différentes régions et les jeunes. Si les gens ne se sentent pas comme s'ils font partie d'une communauté, explique-t-elle, ou qu'ils ne se sentent pas interpellés par des actions que mènent des leaders de la communauté, c'est là où on perd des fois des gens.
Que ce soit un ado, une adulte, un aîné, quelqu'un qui vient d'arriver ou qui est installé ici depuis longtemps, on a tous notre place autour de la table, fait-elle valoir.
M. Hébert se décrit, lui, comme un porte-parole, un représentant de la communauté auprès des instances gouvernementales.
Je vais aller vendre la salade de la communauté francophone aux instances gouvernementales, dit-il. On sait que ces transformations-là ne se produiront pas sans qu'il y ait du financement d'injecté de la part des instances gouvernementales.
Santé : que proposez-vous?

Les soins en français, c'est une question de « dignité », affirme le candidat Abel Maxwell. (Photo d'archives)
Photo : Avec l'autorisation de Abel Maxwell
La santé, c'est là où la langue devient une question de dignité, affirme M. Maxwell. Quand on est malade et quand on a peur, quand on accompagne une personne âgée à l'hôpital et qu'elle doit s'exprimer dans une autre langue que sa propre langue, on est vraiment vulnérable.
Je crois que les reconnaissances que j'ai pu avoir au travers les années m'ont donné un certain accès aux dignitaires que je connais assez bien, soutient-il. Et je pense que quand on communique bien les besoins, on a aussi leur écoute.
Malgré les avancées, il existe toujours beaucoup de lacunes à l'intérieur du système, note M. Hébert.
Pour lui, la priorité est le renforcement de l'offre active pour que les services en français soient plus faciles à identifier. Plus qu'on s'éloigne de notre rencontre avec notre médecin de famille, plus que les services de santé en français deviennent disparates et difficiles à trouver, raconte-t-il.
Selon Mme Leroux, il y a déjà beaucoup d'avancées en matière de soins en français en Ontario.
Elle pense qu'il faut maintenant s'attarder à d'autres priorités, y compris la reconnaissance des diplômes, la place des jeunes, des femmes et des nouveaux arrivants au sein des tables décisionnelles.
Il y a des services qu'on n'est pas en train de leur offrir, comme des garderies, de la formation aux adultes ou de la reformation des adultes quand ils arrivent ici ou quand quelqu'un veut une redirection de carrière ou juste avoir des formations de base, souligne-t-elle.


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