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Cet été, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé la mise en place de tests de testostérone pour tous les militaires âgés de 30 ans et plus. L'administration américaine estime que le niveau de testostérone est un indicateur de la condition physique des soldats. Les militaires présentant un taux jugé trop bas pourront bénéficier d'examens complémentaires et d'un traitement hormonal, qui reste facultatif.
Une équipe de chercheurs de l'université de Purdue, aux États-Unis, s'est penchée sur des échantillons prélevés auprès de soldats de cinq bases de l'armée de terre, afin d'estimer l'impact de la mesure annoncée par Pete Hegseth. Le seuil de testostérone considéré comme insuffisant n'a pas encore été arrêté par Washington. Les scientifiques se sont donc appuyés sur les seuils couramment utilisés en médecine: 300 nanogrammes par décilitre et 264 nanogrammes par décilitre. Ils ont présenté leurs résultats dans une étude qui vient d'être publiée dans la revue JAMA.
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Après l'analyse de près de 500 échantillons, environ 26% des militaires présentent un taux inférieur à 300 nanogrammes par décilitre, et près de 15% se situent sous la barre des 264. En extrapolant ces résultats à l'ensemble des forces armées, un peu plus de 100.000 hommes auraient un taux inférieur au premier seuil, contre près de 58.000 pour le second.
«Comprendre la prévalence des faibles taux de testostérone chez le personnel militaire est important compte tenu de l'évolution des pratiques de dépistage, souligne Claire Berryman, coautrice de l'étude. Ces résultats permettent de quantifier le nombre de militaires qui pourraient nécessiter des examens complémentaires et une évaluation clinique après un dépistage initial.»
Pas de lien de causalité entre testostérone et aptitudes au combat
Les experts préconisent toutefois de réaliser plusieurs examens avant de diagnostiquer un hypogonadisme. Le stress, une maladie et même l'heure du prélèvement peuvent influencer les taux mesurés.
Un faible taux de testostérone peut être lié à de la fatigue et à une fonte musculaire. Mais il peut également s'expliquer par de nombreux autres facteurs. Les scientifiques rappellent qu'il existe peu de preuves attestant qu'un faible taux de testostérone affecte les aptitudes au combat.
Reste à savoir ce que Pete Hegseth compte faire des militaires dont le taux de testostérone sera considéré comme trop faible. Licencier tous ces hommes paralyserait les capacités militaires du pays, rapporte IFL Science. Quant à les contraindre à suivre un traitement hormonal, cela pourrait entraîner des poursuites judiciaires en cascade.
L'armée américaine subit déjà les conséquences de l'interdiction voulue par le président Donald Trump d'engager du personnel militaire transgenre. Elle doit également composer avec des difficultés de recrutement et de remplacement des effectifs: face aux témoignages concernant les conditions de vie dans le golfe d'Ormuz, les soldats ne se pressent plus pour remplacer les militaires blessés ou arrivés en fin de mission. Dans ce contexte, diminuer encore les effectifs de l'armée sur fond de taux de testostérone pourrait s'avérer particulièrement contre-productif.





























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