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Vertigineux. Un si petit détroit par lequel transitent 20 millions de barils de pétrole par jour, selon les chiffres de 2024. Près de 20 % de la consommation mondiale. Un détroit qui fait figure de véritable tuba économique pour l'Iran, qui en a besoin pour s'oxygéner, pour faire tourner le pays. Et un détroit qui fait figure d'arme géostratégique. Mais une arme à double tranchant pour l'Iran.
Un goulet naturel, rare et idéal pour contrôler les échanges
Ormuz n'est pas "juste" un passage maritime : c'est un véritable goulet d'étranglement. S'il relie le golfe persique au golfe d'Oman et à l'océan Indien, à son point le plus étroit, il ne fait qu'une bonne trentaine de kilomètres. Un espace minuscule à l'échelle du commerce mondial.
Avec une conséquence cruciale : la quasi-totalité des exportations énergétiques maritimes du Golfe (pétrole, produits raffinés, GNL), dont celles du Qatar et de l'Irak, se trouve "forcée" de passer par ce couloir. Et cela confère un levier stratégique à l'Iran.
Détroit d'Ormuz : "L'Iran se tire une balle dans le pied"Et bien avant l'ère du pétrole, la zone suscitait déjà les convoitises. Le Portugal a par exemple décidé de s'emparer de plusieurs îles de la région, dont la petite île d'Ormuz, qui a donné son nom au détroit, en 1507 afin de contrôler une partie du commerce entre l'Europe, l'Afrique du Nord et l'Asie. C'est avec une logique similaire une centaine d'années plus tard, en 1622, qu'une opération anglo-persane est menée pour chasser les Portugais et remettre la main sur l'île.

La découverte qui change tout et le revers de la médaille
La découverte et l'exploitation du pétrole finissent par transformer ce petit carrefour régional en une artère incontournable du commerce mondial. Ormuz devient au XXe siècle un point de passage dont la perturbation suffit à désorganiser le marché mondial de l'énergie.
Lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), l'Iran n'a pas hésité à faire usage de mines pour bloquer le passage, et étouffer les exportations du Koweït et de l'Irak. L'Iran a d'ailleurs envisagé de recourir à nouveau à cette arme d'étouffement en juin 2025, comme nous l'écrivions dans nos colonnes.
"En raison des attaques militaires (...) QatarEnergy a cessé la production de gaz naturel liquéfié (GNL) et de produits associés"
Le Qatar a par ailleurs suspendu sa production de GNL à cause de l'escalade des tensions et des ripostes iraniennes après les frappes conjointes des États-Unis et d'Israël. "En raison des attaques militaires contre les installations d'exploitation de QatarEnergy dans la ville industrielle de Ras Laffan et la ville industrielle de Mesaieed […], QatarEnergy a cessé la production de gaz naturel liquéfié (GNL) et de produits associés", a annoncé le groupe énergétique qatari lundi après-midi.
Mais si l'Iran détient une arme géopolitique, c'est aussi un danger pour le pays, car bloquer cette route commerciale, c'est aussi se couper des recettes liées à la vente de pétrole, qui représentent près de 25 % de son PIB. La plupart étant exporté en Chine, sous flotte fantôme pour contourner les sanctions américaines. Avec pour principale victime le peuple iranien.
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