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Ils ont moins de 35 ans et ne veulent plus laisser dormir leur argent. Inquiets pour leur retraite, désireux de se constituer un patrimoine ou simplement attirés par de meilleurs rendements, de plus en plus de jeunes Français apprennent à investir par eux-mêmes. Bourse, ETF, cryptomonnaies… Depuis leur smartphone, ils découvrent des placements autrefois réservés aux initiés, suivent les conseils de «finfluenceurs» et s’aident parfois de l’intelligence artificielle. Avec, en ligne de mire, l’indépendance financière pour certains, un complément de revenus ou une retraite plus confortable pour d’autres. Qui sont ces nouveaux investisseurs ? Pourquoi prennent-ils davantage de risques avec leurs économies ? Et jusqu’où sont-ils prêts à aller pour les faire fructifier ? Nous avons rencontré Victor T., Théo N., Jean F. ou encore Antoine G. Ils nous ont présenté leurs méthodes, leurs idées, leurs outils, leurs placements… Leurs rêves, aussi.
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de lecture«L’argent que je mets de côté, je veux vraiment l’optimiser» : comment les jeunes Français reprennent en main leur épargne
Inquiets pour leur retraite ou attirés par la perspective de rendements à deux chiffres, les moins de 35 ans prennent davantage de risques avec leurs économies. Bourse, ETF sur PEA, cryptomonnaies: ils apprennent à investir par eux-mêmes depuis leur smartphone, en suivant notamment les conseils de «finfluenceurs».
- «J’ai 2K à placer là. L’ETF dont tu me parlais, c’est bien le MSCI Emerging ?»
- «Oui. Je pense que dans 5, 10, 20 ans, il y aura plus de croissance dans les Émergents (Chine, Corée, Inde) qu’aux States. Je me trompe peut-être. L’avenir nous le dira. »
- «Vas-y je te trust.»
Le vocabulaire est technique. Le ton, résolu. Les anglicismes ? Assumés. Tout porte à croire que cette discussion est tirée d’une salle de marché ou d’un étroit couloir d’un ministère des Finances. Mais il s’agit d’un simple extrait d’une conversation WhatsApp entre Étienne N., 27 ans, et trois de ses amis, comme ils en ont des dizaines par mois. «Ce sont des potes de prépa. Ils n’étaient pas du tout intéressés par l’investissement en Bourse et en crypto. Je les ai poussés à s’y mettre. Et maintenant, les trois sont à fond», explique le jeune homme. Étienne N. a commencé à investir il y a trois ans, au moment de signer son premier CDI dans la gestion d’actifs immobiliers. «J’avais un salaire assez bas et un prêt étudiant qui me plombait. Il fallait que je trouve un moyen de compenser. L’argent que j’arrivais à mettre de côté, je voulais vraiment l’optimiser», confie-t-il.
À cette époque, son patrimoine se résume à un Livret A et un Livret jeune, ouverts par ses parents. En quelques mois, aiguillé par les conseils du podcast La Martingale, qu’il écoute matin et soir en voiture en allant au bureau, Étienne N. ouvre un LEP (Livret d’épargne populaire), puis un CTO (compte-titre ordinaire), un PEA (plan d’épargne en actions) et un PEE (plan d’épargne entreprise). Sans compter ses placements dans les cryptomonnaies. Ses rendements, de 12 à 50% par rapport à sa mise initiale, ont de quoi faire pâlir les meilleurs gestionnaires de fortunes.
Longtemps, la Bourse est restée l’affaire des professionnels de la finance et d’une poignée de particuliers avertis. Aujourd’hui, les jeunes actifs sont de plus en plus nombreux à franchir les portes de cet univers technique…


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