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L’ancien Y des femmes de Montréal risque la démolition

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Le bâtiment qui abritait autrefois le Y des femmes de Montréal (YWCA), sur le boulevard René-Lévesque Ouest au centre-ville, pourrait être démoli afin de faire place à une tour résidentielle de 30 étages. Les élus de l’arrondissement de Ville-Marie seront appelés, mardi soir, à se prononcer sur ce dossier qui suscite une vive opposition de la part de citoyens du secteur.

En avril 2025, le Y des femmes avait déménagé ses activités à l’Esplanade Cartier, sur l’avenue De Lorimier. Le bâtiment que l’organisme occupait au 1355, boulevard René-Lévesque Ouest depuis 1952 était devenu vétuste. Selon les constats de la Ville, l’immeuble de sept étages construit en 1951 est notamment contaminé par l’amiante et par des moisissures liées à des infiltrations d’eau. En février dernier, la direction du Y avait d’ailleurs confié à The Gazette que les coûts de mise aux normes et de restauration de l’immeuble étaient trop élevés pour l’organisme qui a préféré mettre son bâtiment en vente pour s’installer dans le quartier Centre-Sud.

Le Y des femmes n’a pas voulu donner de précisions sur le processus de vente de l’immeuble « pour des raisons de confidentialité ». Un promoteur immobilier, le Groupe HD, affiche déjà sur son site Internet une image de synthèse du projet envisagé au 1355, boulevard René-Lévesque Ouest. Le projet de remplacement prévoit la construction d’un bâtiment commercial et résidentiel de 30 étages et comportant 401 logements, indiquent les documents de la Ville de Montréal.

La démolition du bâtiment avait déjà été autorisée, en février dernier, par le comité de démolition de Ville-Marie que préside le conseiller Leslie Roberts. Pour justifier sa décision, le comité invoquait la dégradation du bâtiment, la « contamination généralisée par l’amiante » ainsi que les remises aux normes requises. Quant à la valeur patrimoniale du bâtiment, elle est essentiellement liée à l’usage et la vocation du Y des femmes, note-t-on.

Leslie Roberts n’était pas disponible, mardi, pour commenter le dossier.

Logements sociaux demandés

Des citoyens ont toutefois porté la décision du comité de démolition en appel. Résident du district de Peter-McGill, Robert Hajaly regrette non seulement le déménagement du YWCA, mais également la perte de la centaine de logements pour femmes vulnérables qu’abritait le bâtiment. « C’est une perte importante si l’immeuble est démoli, dit-il. Nous aurions au moins souhaité des logements de remplacement. »

Le groupe citoyen a demandé que le nouveau projet comporte 20 % de logements sociaux et 20 % de logements abordables. « Si le promoteur rejette cette option, nous demandons à la Ville de faire l’acquisition du bâtiment pour le transformer en projet de logements sociaux et abordables », explique M. Hajaly. « Il faut préserver sa vocation d’aide aux personnes dans le besoin. »

Mardi soir, le conseil d’arrondissement de Ville-Marie, présidé par la mairesse Soraya Martinez Ferrada, devra donc se prononcer sur le sort du bâtiment.

Nouveau projet pour femmes

Au sujet de la perte d’une centaine de chambres pour femmes en difficulté, le Y des femmes assure que celles-ci ont été relocalisées il y a plus d’un an dans d’autres ressources adaptées à leur situation. « Cette transition a été réalisée avec beaucoup de soin afin de s’assurer que chacune puisse poursuivre son parcours dans un environnement sécuritaire et stable », indique dans un courriel Patricia Bédard, directrice des communications du Y des femmes.

Le Y des femmes compte d’ailleurs ouvrir bientôt une nouvelle ressource proposant 96 logements destinés aux femmes seules, aux mères monoparentales et aux proches aidantes.

Les citoyens du district Peter-McGill déplorent aussi la fermeture du YMCA centre-ville qui lui, comportait des installations sportives accessibles au public. L’immeuble fermé depuis 2020 a été mis en vente en 2023 par Les YMCA du Québec.

« Dans ce secteur, la Ville ne propose aucun centre sportif. Le YMCA n’était pas seulement pour les résidents du secteur, mais aussi pour les travailleurs. C’est donc une autre perte pour le quartier », souligne Robert Hajaly.

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