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Des voleurs s'introduisent dans une maison et dérobent une télévision. Cambriolage classique en apparence… Mais cette fois, les bandits sont des officiers de police. Cette mise en scène se passe à Hollywood, en Floride, en 2015. Elle vise à déterminer si les enquêteurs sont capables d'identifier les voleurs à partir des microbes laissés sur la scène de crime. Les résultats sont peu probants, preuve que les techniques d'analyse n'étaient alors pas suffisamment développées.
Récemment, des progrès spectaculaires ont été réalisés. Les scientifiques et la police affinent leurs méthodes, main dans la main. Ils parviennent désormais à analyser le microbiome post-mortem pour déterminer le moment du décès. Ils avancent également dans l'analyse microbienne en vue de l'identification d'un suspect.
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«Imaginez qu'il existe une sorte de preuve matérielle systématiquement présente sur toutes les scènes de crime, quels que soient le lieu et la date», explique auprès de New Scientist David Carter, professeur de sciences forensiques à l'université Chaminade d'Honolulu à Hawaï. La réalité n'en est pas si loin. Dans de nombreuses affaires, la police ne parvient pas à récupérer de l'ADN ou des empreintes digitales. L'analyse des microbes offre ainsi de nouvelles possibilités. Car même l'assassin le plus discret éparpille ses microbes autour de lui.
Des indices décisifs pour les enquêteurs
Dans le cas d'un meurtre par strangulation, par exemple, «la peau du cou est trop fine et élastique pour que les empreintes digitales soient conservées, et le simple contact laisse rarement des fragments d'ADN», explique Andy Nixon, de la police des West Midlands, au Royaume-Uni. Entrent alors en jeu les empreintes microbiennes qui peuvent offrir des indices décisifs aux enquêteurs.
Lors de simulations d'étranglements, les chercheurs ont analysé la structure de la communauté microbienne, plutôt que de se focaliser sur les espèces de microbes. «Nous avons peut-être les mêmes bactéries, mais j'en ai davantage de certaines, moins d'autres, et certaines espèces sont uniques», décrit Noemi Procopio, experte en sciences forensiques à l'université du Lancashire, au Royaume-Uni. Dans une étude à paraître, elle a constaté que cette méthode permet d'associer un échantillon à un individu avec davantage de précision. Le signal microbien reste également détectable jusqu'à un mois après les faits, ce qui laisse du temps. Soyons clairs, il ne s'agit pas de remplacer l'analyse ADN, mais de mener des investigations complémentaires.
Les microbes reflètent notre mode de vie
Après tout, c'est déjà en combinant les techniques que la médecine légale fonctionne. Rares sont les éléments qui, comme l'ADN, suffisent à eux seuls pour condamner un suspect. Les microbiomes reflètent notre mode de vie, notre alimentation et nos interactions sociales. Les analyser permet d'orienter l'enquête vers différents types de suspects.
L'examen des microbes est surtout efficace pour estimer le moment du décès. Le va-et-vient des bactéries lors de la décomposition du corps permet de déterminer l'heure du décès de manière fiable, même plusieurs semaines après la découverte d'un corps. L'affaire italienne de Liliana Resinovich, en 2022, illustre bien le potentiel de cette approche. En janvier de cette année-là, cette sexagénaire est retrouvée morte dans l'hôpital psychiatrique où elle avait disparu un mois auparavant.
La confusion règne alors parmi les enquêteurs. «On a d'abord dit qu'elle était morte depuis 48 heures, puis un autre expert médico-légal a affirmé qu'elle était morte depuis 23 jours, se remémore Noemi Procopio. C'est un écart considérable.» L'analyse microbienne aurait permis de déterminer précisément le jour du décès.
Des études menées sur des «fermes de cadavres» aux États-Unis ont montré que la décomposition suit un processus particulier: différentes bactéries apparaissent, se multiplient puis déclinent selon des schémas prévisibles. Il est donc possible de savoir depuis combien de temps un corps se décompose, et donc de situer le moment de la mort.
Selon David Carter, l'analyse microbienne semble désormais être assez précise pour être utilisée dans des procès. En revanche, il faudra attendre encore un peu avant que la preuve de l'empreinte microbienne soit brandie par un avocat pour accuser un suspect. Mais les chercheurs en sciences forensiques y travaillent sérieusement.





























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